SCENE V
Les Mêmes, MÈRE PASCAL, LOUISE, qui te tient un peu à l'icart .
MftiiF. Pascal , accourant vers Simon tes bras ouverts.
Simon, mon fils, mon enfant!
SIMON
Eh bien ! qu’cxt-cc qu'il y a , Mère Pascal ? comme vous v'ià houleuse...
MÈNE PASCAL
Oh ! je suis encore toute suffoquée...
Là, là, reprenez votre respiration, ça peut vous faire du mal...
MÈRE PASCAL
Si tu savais... si tu savais! on veut te marier mou garçon... le marier, entends-tu bien?...
SIMON
Rien do fait sans vot' consentement, c'est convenu...
MÈRE PASCAL
Mon consentement quand il s'agit de ton bonheur, de ta fortune!
SIMON
Vous le voulez donc aussi, vous 7
MÈRE PASCAL
Si jo le veux! si je lo veux, mon garçon!...
mais regarde-moi donc , j’en pleure de joie... (A Maurice.) Ah! monsieur Maurice, c’est bien beau ce que vous faitcs-là.
Maurice tend la toaio ■ la Mère Patcal, elle 1a porte à ta lèVfCA.
SIMùN.
Puisqu'elle dit oui... \ a plus de difficultés... j* promis la femme... clic sera plus à plaindre que moi, allez...
MÈRE PASCAL
N’ l’écouiez pas; c’est brusque, c'est rude comme un coup de vent... mais c’est bon, c'est sensible...
MAURICE
J’en suis certain.
SIMON
Enfin vous l'aurez tous voulu... j’y va* les yeux fermés... quVIIcsoic vieille, laide, bossue. .. tant mieux, dans mes idées, ça m’arrangera.
Maurice, montrant Louise.
Tiens, comment la trouves-tu ?
simon, ne comprenant pas.
Hein ? quoi ?
MAURICE
C’est elle que je te donne pour femme.
simon, d’un ton sirieux.
Monsieur Maurice, je ne me moque de personne, moi!
MAURICE
Ni moi non plus, mon garçon... c’est bien ma fille que je veux te faire épouser..
simon, avec trouble et émotion.
Vot* fille! oh! mon Dieu, mon Dieu! j'y vois plus clair! oh! c’est pas possible !... vot’ fille...
MAURICE
Louise va te rassurer elle-même.
Oh ! non , non, c’tc pauvre demoiselle , ne !’y faites pas dire une chose comme ça... vot* Hllo A moi... un rude matelot... et qui ne possède rien !...
MAURICE
Ali du Cm naval de Béranger.
Çà, mon garçon, lu fais trop le modeste.
Tu ne doit pa* le rabaisser ainsi ;
Je suis son père , et pour moi tout in'atleste
Que je lui donne un excellent mari.
IJ’ not’ p’til avoir n’ parle pas davantage ,
Un peu d'argent n’ doit pas nous éblouir :
J* donne à ma fille amour, bonté, courage,
Ce n'est pis loi que je vais enrichir.
Tu os uu brave garçon, qui la rendras heureuse, jVn suis sûr; ça fera jaser un peu dans le pays... y a tant de gens qui ne voient que de l’argent dans le mariage... mais, bah I y en aura d’autres qui diront que je te rends ce qu’on a fait pour moi... quand j’épousai la mère do Louise, elle avait de quoi, et moi rien que mes deux bras... j’ai travaillé et j’ai doublé mon bien , ce bien dont je ne jouirais plus sans toi... tu feras comme moi, r’est dit; j’ vas de ce pas prévenir le notaire, afin que le contrat soit signé aujourd’hui même.
SIMON
Aujourd’hui! aujourd'hui! mais c’est un rêve,
“LUE rASCAL.
Et le déjeuner?
Mac nici.
ôl> ! plus lard, les affaires d’abord... nous dînerons d’un meilleur appétit, et avec tous les amis de Simon que vous allez inviter pour tantôt... en leur faisant partdc la nouvelle. .. Soyez tranquilles, nous avons de quoi les bien recevoir... Allons, Mère Pascal, chacun de son côté... (A Simon et Louise . )Et vous, mesenfans, pendantcc temps là, vous ferez connaissance. ( A pari.) Notre sauvage t’accouiurncra à son bonheur.