SCENE V JEAN, LE CURÉ
La porto (lu fond s'ouvre lentement. — Le mari entre. LE CURÉ.
Vous... Ah!., c'est bieni
JEAN
Bonjour, monsieur le curé. Le docteur m'a télégraphié hier pour me dire que l'enfant de Simone était au plus mal:.. Est-ce vrai?.. Comment va-t-il aujourd'hui?..
64 SIMrtNE
LE CURÉ
Très mal !.. vous le voyez, je suis ici, appelé pour le secours suprême qu'on pt'ut réclamer de moi d'un instant à l'autre.
JEAN
Oij est le docteur?
Il est là-haut.
JEAN
J'aurais bien voulu le voir... Et ma l'emme?
LE CURÉ
Elle est avec sa mère auprès du berceau de l'enfant qui agonise.
JEAN
Ah! (rn silence.) Vraiment... n'y a-t-il plus aucune chance de le sauver?
LE CURE
Il faudrait un miracle !
JEAN^ après un long silence embarrassé.
... Monsieur le curé, un mol... cet enfant?., cet enfant était donc délicat?
LE CURÉ
Lui?,, bien au contraire !.. un bébé magnifique !
JEAN
Ah t.. et... à qui ressemblait-il?
LE CURÉ
A qui il ressemble?., mais à tous les pelits enfants de trois mois : c'est tout rose, tout potelé, tout enveloppé de dentelles comme un petit Jésus I
JEAN.- agacé.
EnOn si jeune qu'il soit un enfant ressemble en général à quelqu'un... à sa mère... ou à son père?
LE CURÉ
Bah ! celui-ci a déjà les beaux yeux de sa maman. Mais vous allez monter sans doute pour le voir ?. .
JEAN
Pas encore.
Il réfléchit.
LE CURÉ
Voulez-vous au moins que j'aille prévenir?..
JEAN
Merci!., c'est inutile, je reste ici.
LE CURÉ, le regarde avec olonnement et n'insiste pas. Ah!.. (Un silence.) PaUVrC homUie ! (Un silence.)
Vous êtes peut-être fatigué par la longueur du voyage ?
JEANj préoccupé.
Ohl oui... un long voyage! six mois!., six lougs mois que j'ai quitté cette triste maison !
Votre pauvre femme a été bien éprouvée, mais votre retour sera certainement pour elle une grande consolation... Ne tardez pas, mon enfant, croyez-moi ; portez-lui le secours de votre présence.
JEAN
Non! je ne sais si je dois... si je dois dès maintenant...
LE CURÉ
Que craignez-vous? Laissez-moi faire :je vais monter moi-même; celui qui a béni votre union
a été si affligé de votre départ que vous pouvez bien lui donner aujourd'hui la joie d'annoncer votre retour. D'ailleurs,, je réponds du succès ; je connais trop le cœur de votre femme.
Le curé s'éloigne.
JEAN, il veut le rappeler.
Non... non... monsieur le curé...
LE CURÉ, sans s'arrêter.
Laissez-moi... Laissez-moi faire!..
Il sort.