‹ Simone; piece en deux actesChapitre 8 sur 17 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, MADAME NORMANT.

MADAME NORMANT

Docteur... docteur... Ma fille vous demande. 11 me semble que l'enfant va plus mal...

LE DOCTEUR

J'y vais, madame.

Le docteur sort.

MADAME NORMANT, au curé.

Oh! monsieur le curé... quelle éjireuve nouvelle... Ma tête s'égare, (eiio iuï pron.i los mains.) Au

moment où ma fille et moi nous rattachions nos espérances à la vie de cet enfant... l'audra-t-il que le petit être nous abandonne?

LE CURÉ» lui prenant les mains.

Pauvres chères dames! Mais rien n'est encore perdu que je sache. Il faut toujours espérer.

M.\DAME XORMAXT.

Monsieur le cure, je ne me révolte pas parce que je suis bonne chrétienne, mais je commence ù excuser ceux qui doutent de la Providence.

LE CURÉ

Seigneur Jésus ! que dites-vous là ?

MADAME NORMANÏ.

Je dis que cette maison devait être la maison heureusl^ et que pourtant les plus grands malheurs se sont abattus sur elle sans relâche.

Vous étiez ici^ monsieur le cun'', le jour où tout a sombré de nouveau dans ma misérable existence. Pourtant, qu'avais-je fait? je vous le demande. Nous vivions paisiblement; heureux d'un bonheur que vous disiez mérité. Simone était mariée à un homme qui paraissait plus que tout autre devoir être la joie de sa vie. Un soir, elle est partie, accompagnée de vos propres vœux... et pour nous revenir... Ah ! mon Dieu!.. Ensuite son mari a déserté notre foyer, la rendant cruellement responsable d'un crime dont elle n'a même pas eu conscience^ et, maintenant, au moment où elle renaissait à l'espoir, reportant sur son enfant la tendresse qu'elle avait pour le disparu, voici que le ciel veut aussi nous prendre le cher [)etit!.. Monsieur le curé, est-ce donc la part réservée aux âmes justes ?

Elle sanglote.

LE CURE

Madame, calmez-vous ! il ne faut pas douter de la Providence au moment où vous devez lui faire un dernier appel.

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