SCENE PREMIERE LE CURÉ, LE DOCTEUR
Le docteur seul devant une table, rédige une ordonnance. LE CURÉ, entrant.
Qu'y a-t-il, docteur? Pourquoi a-t-on besoin d(
moi ici?
LE DOCTEUR
C'est sans doute madame Xormant qui vous a fait appeler. Elle comprend donc la gravité du cas. Cela m'i'vitera de préciser davantage.
LE CURÉ
La gravité du cas ?
LE DOCTEUR
Eh bien oui !... L'enfant est très malade.
LE CURÉ
Pas possible ?Mais ! comment sefait-il? Avanthier encore sa mère m'a conduit près du berceau. Le petit dormait d'un sommeil si paisible !
LE DOCTEUR
Une maladie d'enfant, sait-on jamais comment cela se déclare... Un courant d'air, une chambre un peu froide. Et le croup vient s'installer dans la maison. Un bébé de trois mois que voulez-vous
qu'on fasse? Ça ne se plaint pas; et lorsque le médecin finit par découvrir la source du mal, il est souvent trop tard pour que les remèdes les plus énergiques deviennent efficaces,
LE CURÉ Do sorte que le petit ange pourrait reprendre son vol?
LE DOCTEUR
(Ml! lui n'est pas à plaindre. Après tous les exemples de misère, de chagrins de toute nature que j'ai sans cesse sous les yeux, je me demande parfois, avec une certaine angoisse, si je ne fais pas une mauvaise besogne en empêchant de mourir ceux qui pourraient quitter ce bas hionde avant d'enavoirconnules multiples souffrances!
LE CURÉ
Heureusement que vous ne mettez pasvoslhéories en pratique.
LE DOCTEUR
Evidemment !...maisenf]a... Entre nous,, monsieur le curé... ne croyez-vous pas qu'il eût été préférable que cet enfant ne fut jamais né, puisqu'il est la cause, innocente, mais enfin la cause des malheurs qui se sont abattus depuis un an sur la maison.
LE CURÉ
C'est vrai... Les voies du Seigneur sont souvent si mystérieuses!
La porte s'ouvre. — Entrée de madame Xormant.