ACTE PREMIER
IRÈNE
Oh! alors!... moi plus. Je l'ai remplacé par un Américain, le docteur Madderson, qui est lui-même un fervent de la morphine et qui m'en donne tant que je veux. Si ça peut vous être agréable, je vous en apporterai.
Mais oui, très volontiers.
MADAME DE CHAUVIÈRES.
Oh ! chère madame, c'est inoffensif.
Quelques gouttes, ma tante, en cas de besoin.
MADAME DE CHAUVIÈRES.
Vraiment, ce n'est pas raisonnable.
IRÈNE
Ce qui n'est pas raisonnable, chèi'e madame, c'est de voir une femme souffrir et de ne pas remédier à ses maux. Qu'est-ce qu'il vous ordonne, Dugast?
Hien! des calmants... Et puis... je vous le donne «n cent, mesdames^
MADAME DE NAULES.
Quoi donc?
Mon mari.
IRÈNE
Oh! -
MADAME DE NAULES.
Par exemple I
En voilà une idée !
Oui, mesdames ; il pense que mon mari ne m'aime pas assez.
MADAME DILMER.
Bonté divine 1
MADAME DE NAULES.
C'est de la démence.
IRÈNE
Pauvre chatte ! Il veut donc votre mort ?
Eh bien, ma tante, vous les entendez ?
MADAME DE NAULES.
Comment ?
Ma tante ne voulait pas me croire quand je lui disais que je tenais à être le moins possible la femme de M. de Stampes.
IRÈNE
Parbleu !
Et elle me regardait comme une exception.
MADAME DILMER.
Mais point du tout.