‹ Simone: pièce en trois actesChapitre 20 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MADAME DE NAULES.

Mais nous en sommes toutes là!

MADAME DE CHAUVIÈRES.

En vérité?

MADAME DILMER.

Mais oui !

MADAME DE CHAUVIÈRES.

Qu'y a-t-il donc de si effrayant à être aimée par. son mari?

MADAME DILMER.

C'est insupportable.

MADAME DE NAULES.

Les hommes ont une façon si égoïste de nous aimer !

MADAME DE CHAUVIÈRES.

En vérité, mesdames, c'est là votre opinion à toutes ?

MADAME DE NAULES.

C'est l'impression que nous avons retirée du mariage.

IRÈNE

Quant à moi, avant même d'être mariée... j'avais déjà pour les hommes, pour leur ton, pour leurs manières, la plus vive antipathie. Et le peu de temps que j'ai passé avec le prince Danesco n'a pas modiflé cette aversion, au contraire. Aussi, j'ai bien juré que jamais plus...

Vous me confondez !

Mais enûn, ma tante... (eIIo sonne, un domestique entre.) Le thé ! (Le domestique sort. A madame de ChauTières.) YOUS aVCZ été mariée,

vous, aussi. Vous devez bien savoir à quoi vous en tenir sur l'agrément que peut procurer un mari.

MADAME DE CIIAUVIÈRES.

Oii ! moi, mon enfant, mon mariage remonte à une époque si éloignée que je ne me rappelle pas au juste... D'ailleurs, je n'ai pas été mariée longtemps. Et, tout le temps que je l'ai été, je n'avais qu'un désir : avoir un bébé. En sorte que j'aimais ton oncle, non pour lui ni pour moi, mais pour un petit être problématique... que le bon Dieu m'a refusé. J'ai eu la douleur de devenir veuve sans avoir été mère. 11 est vrai que le ciel me réservait une compensation. Je n'avais pas d'enfant; il s'est trouvé que ma nièce était orpheline. Et de nos deux malheurs j'ai lâché de faire à force de tendresse un peu de bonheur pour toutes les deux.

Et vous avez réussi.

MADAME DE CHAUVIÈRES.

Je pourrais vous renseigner sur l'art de gâter une pelite fille, n'est-ce pas, Simone?

Oui, ma tante.

MADAME DE CHAUVIÈRES.

Et de faire toutes ses volontés... mais quant à vous redire mes impressions de lune de miel, c'est trop loin, je les ai oubliées... D'ailleurs, mesdames, je ne dis pas que vos maris n'aient point des torts, quMIs ne manquent pas d'adresse et de délicatesse...

MADAME DILMER.

Ahl oui, je vous assure

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