LUCIEN, SIMONE
Asseyez-vous donc ! Comment se fait-il que Rose ne vous ait pas accompagné?
LUCIEN
ISle ne savut pas que je viendrais.
Vous ne le lui avez pas dit ?
LUCIEN
Non. Je lui ai dit que j'allais au théâtre, et je dois y aller, en effet, mais, auparavant, la pensée m'est venue de passer chez mon éditeur, d'y prendre une partition et de vous l'apporter.
II lui donne une partition.
Ah! ça, c'est aimable à vous. (Eiie prend la pantion.) Merci. (Elle la fjuiiiette.) Qucl boau succès VOUS avez eu !
LUCIEN
Une bonne part en revient à mademoiselle Bromsen. Elle a été réellement extraordinaire.
Oh! tout à fait remarquable. Gageons que vous êtes un peu amoureux d'elle?
LUCIEN
Moi? par exemple!
Vraiment ?
LUCIEN
Non. D'abord les comédiennes ne m'ont jamais dit grand'chose. Et puis celle-là... c'est une grande artiste... Mais c'est une créature vicieuse, dépravée même. La femme capable de m'inspirer de l'amour ne lui ressemble pas, je vous le jure.
Qu'elle soit ce qu'elle voudra comme femme, c'est une artiste incomparable. Mais ce n'est pas seulement l'interprète que j'ai applaudie hier, c'est aussi et surtout l'auteur.
LUCIEN
Je sais. Je vous ai aperçue de derrière un portant, et je vous ai vue applaudir en amie sincère.
Je crois bien. J'en ai déchiré mes gants.
LUCIEN, vivement.
Vous me les donnerez.
Quoi donc?
Les gants que vous avez déchirés en m'applaudissant.
Bon! Quelle idée... Vous êtes fou... oui, je vous ai applaudi de toutes mes forces, mais ce n'était pas seulement