SCÈNE II MADAME DE CHAUVIÈRES, DUGAST, SIMONE
Ah ! vous ôles encore là, docteur ? cela se trouve bien : J'ai oublié de vous demander quelque chose.
DUGAST.
Quoi donc, madame ?
Une ordonnance.
DUGAST.
Mais je vous en ai laissé une.
Oh! des remèdes... anodins... de vulgaires calmants. Ne pourriez- vous me donner quelque chose de plus efficace ?
DUGAST.
Je ne vois pas trop...
Par exemple... un peu de morphine.
DUGAST.
De la tnorphine ?
SIMONE, très câline.
11 me semble que ça me ferait du bieUi
DUGAST.
Ce n'est pas mon avis.
Vous m'en avez déjà donné.
DUGAST.
Oui, Tan dernier, pour mellre un terme à des douleurs nerveuses... intolérables... mais ces douleurs ayant disparu, je ne vois pas la néœssité de vous faire contracter une habitude funeste.
Oh 1 funeste. Voyez la princesse Irène Danesco, elle en prend constamment, de la morphine, et ne s'en porte pas plus mal.
DUGAST.
Patience î vous verrez où ça la conduira. Et puis, je vous conseille de parler de la princesse Danesco et de prendre modèle sur elle ! Une détraquée, qui & tous les vices possibles. L'usage de la morphine, chez elle, n'est qu'une dépravation de plus.
Vous arrangez bien vos clientes.
DUGAST.
Madame Danesco n'est plus ma cliente. Je n'ai pas voulu me prêter à ses exigences pharmaceutiques et elle m'a retiré sa confiance, ce dont j'ai été ravi.
Bref, à moi aussi vous refusez ?
DUGAST.
Carrément.