‹ Simone: pièce en trois actesChapitre 5 sur 92 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

DUGAST, MADAME DE CHAUVIÈRES.

Sur la sortie de Simone, ils échangent un regard où ee traduit l'impression que leur causent les paroles àe la jeune femme. Moment de silenoe, pois, reprenant la conrersation au point où l'arrivée de Simone l'a inten-ompue :

MADAME DE CHAUVIERES.

Vous disiez, docteur ?

DLGAST.

Je disais... Ah ! je disais : le cas de madame de Stampes me parait être comme celui de beaucoup de jeunes femmes du monde... essentiellement conjugal.

MADAME DE CHAUVIERES.

En vérité (signe asarmatif de Dugast) ? Vous me désolez, docteur.

DUGAST,

Pourquoi ?

MADAME DE CIIAUVIERES.

Dame ! c'est moi, vous le savez, qui ai pris soin de Simone. Quand elle est sortie du couvent, je lui ai cherché un mari. Le comte Pierre de Stampes m'a paru réunir toutes les conditions désirables. Ce n'est ni un jouvenceau ni un adonis, mais c'est un homme sérieux, dans toute la force de l'âge et toute la maturité de la raison, un bon gentilhomme et un galant homme, riche avec cela, ayant en Sologne de belles propriétés. Sii^one l'a épousé et moi je me suis retirée dans ma terre des Fondrettes, dans le Loiret. Le mois dernier, je viens à Paris passer quelques jours auprès de ma nièce et je la trouve plus nerveuse et plus fébrile que jamais; aussi, ai-je insisté pour qu'elle vous appelât et vous demandât une consultation sérieuse. Et, suivant vous, j'aurais eu tort de la donner à M. de Stampes?

DUGAST.

Ma foi, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? (s'asieyani.) Madame votre nièce ne présente aucun symptôme d'aucune maladie caractérisée. Ne sommes-nous pas fondés à conclure qu'elle est tout simplement... mariée?

MADAME DE CHAUVIÊRES.

Assurément, il y a dans cette maison une chose que je n'aime pas. L'appartement de Simone est ici... et celui de son mari est là.

DUGAST.

Sans doute, il en est de même chez tous les gens riches, mais je crois que cette séparation est partout fâcheuse. Elle empêche l'entente en matière d'affection : de là de continuels malentendus, des froissements, des désaccords, ou, si vous aimez mieux, un manque d'accord.

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