‹ Simone: pièce en trois actesChapitre 46 sur 92 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ROSE, à part.

Il m'a menti.

Ce qui a retenu M. Mauryas, c'est uniquement le charme de ma conversation.

ROSE

Le iait est qu'il parait beaucoup s'y complaire.

Comment cela ?

ROSE

Depuis qu'il te connaît, il fréquente cette maison plus peut-être qu'il ne devrait.

Plus qu'il ne devrait ? Et pourquoi ? De quel ton tu me dis cela ? Qu'est-ce que cela signifie ?

ROSE} agressive.

Mon Dieu, cela signifie... (Doucjment) Écoute, Simone, tu ne voudrais pas me faire de la peine ?

Dieu m'en garde !

ROSE

Eh bien ! nous sommes de vieilles amies : nous pouvons, nous devons tout nous dire, lu es belle, charmante, spirituelle, artiste... Comment n'aurais-tu pas produit sur Lucien une impression vive, exercé sur lui une irrésistible attraction? Avec cela, tu n'es pas heureuse, et il le sait, j'ai commis l'imprudence de le lui dire.

Il me semble que si quelqu'un a le droit de se plaindre de ton manque de discrétion...

ROSE

C'est loi, et je te fais toutes mes excuses. Que veux-tu, quand une femme aime son mari, elle n'a pas de secrets pour lui.

Bon pour les secrets qui lui appartiennent ! Mais ceux des autres ?

ROSE

Encore une fois pardon. D'ailleurs, ne suis-je pas bien punie de mon indiscrétion ?

En quoi ?

ROSE

En ce qu'elle n'a fait qu'augmenter la sympathie de Lucien pour toi, et le plaisir qu'il trouve à m'accompagner dans cette maison... et même à y venir seul...

Quel mal vois-tu à cela ?

ROSE

J'aime, j'adore mon mari, et j'entends le garder pour moi.

Le garder! Penses-tu que je veuille te le prendre?

ROSE

Loin de moi une telle pensée! Mais je sais qu'il ne faut pas jouer avec le feu, et l'amitié entre personnes de sexes

Page 1