‹ Simone: pièce en trois actesChapitre 51 sur 92 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Pourquoi trop?

On a toujours tort d'aimer un homme : ça le rend insupportable.

L'amour que Rose a pour son mari, M. Mauryas lé lui rend.

Heu!

En doutez-vous?

Un peu!

Vous m'étonnez.

IRENE

IRENE

IRENE

En VOUS disant que, si Rose aime M. Mauryas, il est moins certain que M. Mauryas l'aime encore? C'est le contraire qui serait étonnant.

Pourquoi?

IRÈNE

Pour deux raisoiis. La première, c'est que M. Mauryas est un homme; or, les hommes qui ont fait aux femmes une réputation si bien établie d'infidélité et d'inconstance sont tous tant qu'ils sont beaucoup plus inconstants qu'elles et plus volages. La seconde raison, c'est que l'homme dont il s'agit est M. Mauryas.

C'est-àrdire?

IRÈNE

C'est-à-dire un artiste, un fantaisiste, un homme qui fait une musique un peu troutilante, un peu perverse... et qui est très séduisant de sa personne. Aussi a-t-il eu beaucoup de bonnes fortunes, d'autant plus qu'il vit dans le monde des théâtres, dont on connaît les mœurs faciles* M. Mauryas a aimé Rose. Elle est jolie, mais un peu bébéte, elle ne doit pas vibrer d'une façon extraordinaire; et puis la possession engendre la satiété. Un jour ou Taulre, son mari se lassera d'elle... Peut-être même...

Achevez.

IRÈNE

Peut-être même en est-il las déjà.

Qui vous le fait croire?

Oh! rien, ou du moins, si peu de chose.

De grâce, parlez.

IRÈNE

Ah! cela vous intéresse?

Beaucoup ! Rose n'est-elle pas mon amie ?

IRÈNE

C'est vrai I Eh bien, je ne sais qu'un tout petit fait, qui ne prouve rien, mais qui, néanmoins, est assez symptomatique.

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