ACTE DEUXIÈME
Pourquoi trop?
On a toujours tort d'aimer un homme : ça le rend insupportable.
L'amour que Rose a pour son mari, M. Mauryas lé lui rend.
Heu!
En doutez-vous?
Un peu!
Vous m'étonnez.
IRENE
IRENE
IRENE
En VOUS disant que, si Rose aime M. Mauryas, il est moins certain que M. Mauryas l'aime encore? C'est le contraire qui serait étonnant.
Pourquoi?
IRÈNE
Pour deux raisoiis. La première, c'est que M. Mauryas est un homme; or, les hommes qui ont fait aux femmes une réputation si bien établie d'infidélité et d'inconstance sont tous tant qu'ils sont beaucoup plus inconstants qu'elles et plus volages. La seconde raison, c'est que l'homme dont il s'agit est M. Mauryas.
C'est-àrdire?
IRÈNE
C'est-à-dire un artiste, un fantaisiste, un homme qui fait une musique un peu troutilante, un peu perverse... et qui est très séduisant de sa personne. Aussi a-t-il eu beaucoup de bonnes fortunes, d'autant plus qu'il vit dans le monde des théâtres, dont on connaît les mœurs faciles* M. Mauryas a aimé Rose. Elle est jolie, mais un peu bébéte, elle ne doit pas vibrer d'une façon extraordinaire; et puis la possession engendre la satiété. Un jour ou Taulre, son mari se lassera d'elle... Peut-être même...
Achevez.
IRÈNE
Peut-être même en est-il las déjà.
Qui vous le fait croire?
Oh! rien, ou du moins, si peu de chose.
De grâce, parlez.
IRÈNE
Ah! cela vous intéresse?
Beaucoup ! Rose n'est-elle pas mon amie ?
IRÈNE
C'est vrai I Eh bien, je ne sais qu'un tout petit fait, qui ne prouve rien, mais qui, néanmoins, est assez symptomatique.