‹ Simone: pièce en trois actesChapitre 52 sur 92 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Et ce fait?...

IRÈNE

C'est ceci : M. Mauryas ne se contente déjà plus du domicile conjugal ; depuis quelque temps il a loué une garçonnière, un rez-de-chaussée, rue d'Anjou.

SIMONE, saisie.

Ah! Et pour y recevoir sans doute...

IRÈNE

Ah I Pour y recevoir je ne sais qui, y faire je ne sais quoi. Mais la chose en elle-même est certaine.

Vous tenez ce renseignement... de qui?

IRÈNE

D'Ariane.

D'Ariane?

IRÈNE

C'est-à-dire de son interprète, mademoiselle Christiane Bromsen.

Vous la connaissez donc ?

IRÈNE

Non. Je ne... la connais pas; mais je l'ai vue. L'autre jour, elle a chanté chez madame d'Arneyves, je me suis approchée d'elle pour la complimenter. Elle est aussi belle à la ville qu'à la scène. Fort spirituelle avec cela. Nous avons échangé quelques mots. Tout naturellement, nous avons parlé d'Ariane et de son auteur et je ne sais com-

ment cela est veau, mais elle m'a assuré que Mauryas avait loué depuis peu, comme je vous l'ai dit, une garçonnière rue d'Anjou.

Comment le sait-elle?

Il parait que mademoiselle Bromsen qui, je crois, connaît beaucoup de monde, connaît justement quelqu'un dans cette maison-là. C'est ainsi qu'elle a appris la chose.

Ça m'a tout l'air d'une invention... A moins que mademoiselle Bromsen ne soit^ rue d'Anjou, la visiteuse de M. Mauryas.

IRÈNE

Ah ça !... mais elle ne m*a pas dit que Mauryas reçût personne dans sa garçonnière.

Je ne pense pas qu'il ait loué un logement inconnu de sa femme pour y faire de la musique...

IRÈNE

Est-ce qu'on sait? Les artistes ont de ces fantaisies-là. (se levant.) Décidément, vous ne voulez pas mettre un chapeau et un manteau et venir dîner chez moi ?

Non I Je vous çii dit, je préfère ne pas sortir.

IRÈNE

Enfin, si vous vous ravisez, nous ne nous mettrons à table qu'à huit heures.

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