SCÈNE PREMIÈRE
SANDFORT et Lord ELMVOOD,
SANDFORT.
Ouï, morbleu, je vous répète que vous avez eu ufc gra;>d tort...
ELMVOO0.
Mais, mon cher San diort.
SANDFORT.
Vous en avez eu deux..., le premier d'accepter unç pareille libelle, et le second de prendre avec vous ui.e pupille de dix-sept ans...
ELIViVOOD.
Et le moyen de faire autrement? la fille d'un anciea ami.
N'importe, on refuse toujours, et vous aviez vingt raisons à alie^uei ; car a tmte-trois ans, on est encore un jeune homme... Ensuite votre position dasts le monde, le célibat auquel vous êtes engagé , las vaux que vous avez prononce's.
ELMVOcD.
Quoi ! vous pensez...
5ANDFORT.
Oui, Monsieur, l'Ordre de Malthe vous compte pavujises premiers commandeurs.,. C« titre seu* vous
impose des devoirs, des obligations..., une grfftfrittfde
principes et de conduite à laquelle \<>\x< av z dérogé en cette circonstance... J'ai donc raison de nous dire ce que je vous dis depuis trente ans ; vous ave* toit..
ELMVOOD.
Mais..,
SANDFORT.
Vous avez tort... et je ne sors pas de là... Parce que vous êtes grand seigneur, que vous êtes riche , que vous êtes puissant, vous croyez peut-être que j'oublierai qu'au collège d'Oxford vous avez été uioo élève... et que j'ai le droit de vous gronder.
ELMVOOD.
M'en préserve le ciel !
SANDFORT.
A la bonne heure, et cette fois tous avez raison • car, entre nous, voyez-vous, il faut que la parUe soit égale , sinon , votre serviteur.
AIR : De Préville et Taconnet.
Quand on jugea nia présence inutile, Quand je quittai la classe ou je régnais t Je voulus bien partager votre asile ; Car de vous seul j'accepte des bienfaits; Mais vous savez la clause que j'y meis : De mon humeur je pi étends rester maître f Libre aujourd'hui comme j'étais hier... » Si je donnais, je me tairais peut-être, Mais je reçois, j'ai le droit d'être fier.
ELMVOOD.
Rassurez-vous, mon cher professeur..., je n'ai pas voulu porter atteinte à votre indépendance; vous avez le droit de remontrance... ; c'est vrai, mais j'ai au moins celui de discuter, et de vous répondre...
SANDFORT.
C'est juste..., la réplique est permise, commeautrefois dans nos thèses de logique et de théologie.
ELMVOOD.
Eh! bien donc, puisque vous me rappelez ce teins* là, je vous dirai que ces graves conférences... que vous présidiez au collège avec tant de talent.,.
SANDFORT*
\ous êtes bien bon*
ELMVOOD.
Vous ont donne' clans le monde l'habitude de la controverse"et de la discussion... Vous êtes .rarement de ropSon générale, et si je ne craignais de yous tacher..., j'ajouterais...
SANDFOttT.
Alleztoujours...; je se. ai enchanté d'entendre la vérité, à charge de revanche.
ELMVOOD.
J'ajouterais que tous , qui êtes la bonté même tous 'ave* l'air quelquefois d'en manquer non pas Ivee mot mais avec miss Milner, ma pupille; vous VoZ plaise, à la contredire...; vous n'êtes jamais de son avis.
SANDFORT.
C'est elle qui n'est jamais du mien . parce que la raison et elle ne peuvent pas être d'accord; mais vous, ,ou tuteur, vous êtes aveuglé sur son compte, vous ne voyez que ses perfections.
ELMVOOD.
Et vous, Sandford, vous ne voyez que ses défauts.. Elle en a, je ne puis le nier; mais ils tiennent a sa ieunesse, à son inexpérience, à sa fortune même 'qui attire autour d'elle cette foule de jeurtes gens a ï.mode, d'adorateurs passionnes tou,ours epns d'une jolie femme et de cent mille l.vres de rente Mais a coté de ces légers travers qui frappent vos yeux , que d'excellentes qualités vous ne voulez pas