‹ Simple histoire, comedievaudeville en un acte (volume 2)Chapitre 9 sur 19 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

ELMVOOD , SANDFORT.

SANDFORT.

Qu'est-cc que cela signiBe ?... Depuis quand avez>Tous des relations avec nn pareil étourdi?... Est-ce que vous savez avec qui il va se battre ?

ELMVOOD , froidement.

Oui... C’est avec moi.

SANDFORT.

Bonté de Dieu ! que m’apprenez-vous là ?

ELMVOOD.

Taisez-vous, Sandfort , taisez-vous... Il n’y a pas moyen

de faire autrement ; mon honneur.... , celui de miss

Milner...

SANDFORT. ’

MisS Milner!... j'en étab sûr... C’est elle qni est cause de tout.

ELMVOOD.

C’est ce qui vous trompe, c’est moi qui ai insulté..., qui ai outrage ce jeune homme... ) je l’ai menacé de le mettre à la porte... , de le faire chasser par mes gens •, et entre gentilshommes , ce sont des injures qui ne se pardonnent point...

SANDFORT.

Et que m’importe à moi... Est-ce que vous croyez que je le souffrirai ?

ERMVOOD.

Sandfort!... au nom du ciel, si l’on vous entendait...

SANDFORT.

Et je veux qu’on m’entende... , je venx qu’on connaisse votre extravagance... , votre folie...

. SCÈNE Xllt

Les précédens , Miss MILNER.

MISS MiLNER.

Ah! mon dieu! d’où vient ce bruit?... et qu’y a-t-îl donc 7

SAKOPORT.

Ce qu’il y a , Mademoiselle...",' ce qu’il y a. ..

ELMVOOD , lui mettant la méin sui- 'la bouche.

Sandfort , je vous en conjure...’

‘ SANDFORT.

Je me tairai... Milord..., je me tairai j^ur votre bon- ^ neur ; mais il n’en est pas moins vrai que ]e l’avais prevu , que je l’ai toujours dit ; et sans les caprices , sans les in * conséquences de Mademoiselle, le plus honnête homme d'.^ogeterTe ne serait p^ expose à aller aujourd'hui se couper la gorge avec un étourdi.

O ciel ! que dites-vous ?

SANDFORT. ,

Eh! bien, Oui...j c'est plus fort que moi..., je ne peux pas me taire. Tel que vous le voyez..., il va dans l’instant même se battre avec lord Frédéric.

MISS MILNER

c'est fait de moi... Je me meurs.

EEMVOOD.

Sandfort!... elle se trouve mal...

SANDFORT , (Ulunt à elle.

Eh non ! morblen , eh non. Il ne s’agit pas de cela ; il faut le détourner de ce dessein , il faut qu'il y renonce; il faut qu’il nous, donne sa parole... ; et eqçorc il nous la don-

Simpte Histoire. 3

nerait , que je n’y croirais pas ; car je n'ai plus de confiance en lui ni en son caractère.... Lui , qu'engagent des vœux sacrés...; lui! un chevalier de Malthe..., aller se battre pour une femme !

MISS MILN£R.

Grand Dieu ! c’est pour sa pupille !

SANOFORT.

Et pour qui donc ?... à coup sûr ce n'est pas pour moi.. . Mais s'il est sourd à nos prières, s'il résiste à notre amitié..., (à lord Elmi>ood) j’ai mon projet.. ; je me mettrai entre vous deux ; et si je sais tné, tant pis pour vous... vous penserez quelquefois à votre vieux précepteur , et à la dernière leçon qu'il vous aura donnée.

^ MISS MILNER , joignant les mains.

Monsieur Sandfort. . . monsieur Sandfort je vous demande 0 pardon... d'avoir jamais pu vous offenser... ^

SANDFORT. . »

Eh ! il à’est pas question de pardon , il faut qu'il nous répom\e.[ regardant par la fenêtre) Dieu! lord Frédéric qui entre dansle jardin. ( allant d lord Elmoaod qui i>eiit sortir ) Milord vous ne sortirez pas d’ici...

ELMVOOD.

Mes amis., mes chers amis, un instant de réflexion vous prouvera à tous deux qu'il est impossible que ce combat n'ait pas lieu... Mais pourquoi d'avance vous alarmer'l^considérez combien il y a peu de ditels vraiment funestes

MISS MILNER

Quelles qu'en soient les .suites.., c'est moi. Milord, c’est moi qui serai éternellement malheureuse ; car j’aurai été la cause de ce combat , et s'il renversait toutes mes espérances.. ; s'il devait me donner le coup de la mort, ne renonceriez-vous pas à ce cruel dessein ?

Que dites-vous ?

ELMVOOD.

MISS MILNER

Qu'il est quelqu'un au monde qui possède nies plus dières

alTections.. : l’idrô seule que ses jours sont menacés me ferait tout sacrifier , et s'il faut vous a\ouer enfin un amour que je n'ai pu vaincre.

‘ KLMVOOD. ' ■

Achevé*. ’ i

MISS MILITER. 'i ' '

. Ah ! j’en rougis de honte. .. , mais les dangers rendent cet aveu nécessaire , j'aime. . , ,

SANDKORT.

Eh ! qui donc . malheureuse 7, . . .^ ; *. »

MISS MILNEH.

Lord Frédéric.

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