‹ Simple histoire comedievaudeville en un acteChapitre 1 sur 46 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

SANDFORT, lobu ELMVOOD.

aanpfoit. Oui, morbleu, je vous répète que us avez eu un grand tort.

iirtood. Mais, mon cher Sandfort...

iandfobt. Vous en avez eu deux... le premier .cccpter une pareille tutelle, et le second de ■n dre avec vau» une pupille de dix-sept ans... elmtood. Et le moyen de Caire autrement? la d'un ancien ami.

• asdfoit. N'importe, on refuso toujours, cl as aviez vingt raisons k alléguer ; car, à trente* »» ans, on e*t encore un jeune homme... Entf votre position dam le monde, le célibat au-

s andfort. Oui , monsieur, l'ordre de Malte tous compte parmi scs premier» commandeurs... Ce titre seul vous impose des devoirs, de» obligations.. une sévérité de principe» et de conduite à laquelle vou» avez dérogé en cette circonstance... J'ai donc raison do vous dire ce que je vous dis depuis trente an» : vous avez tort.

ELMVOOD. Mais...

sandfort. Vous avez tort.., et je ne sors pas de 1&. . Parce que vous êtes grand seigneur, que vou» êîe» riche, que vous êtes puissant, vous croyez peut-être que j'oublierai qu'au collège d'Otford vous avez été mon élève... cl que j'ai le droit de vous gronder.

elmvood. M'en préserve le ciel !

sandfort. A la bonne heure, et cette fois vous avez raison ; far entre nous, voyez-vous, il faut

Quand on jugea ma préaeocc inutile,

Quand je quittai la c'asse où je régnais.

Je voulus bien partager votre asile ;

Car de vous seul j'accepte de» bienfait- ;

Mais vous savez la clause que j'y mets :

De mon humeur je prétends rester maître, libre aujourd'hui comme j'étais hier...

81 je donnais, je me tairais peut-être,

Mais je reçois, j’ai le droit d’étre fier.

elmvood. Rassurez-vous, mon cher professeur, je n’ai pas voulu porter atteinte à votre indépendance; vous avez le droit de remontrance...

c'est vrai, mai» j’ai au moins celui de discuter et de vous répondre...

iandfort. Ccst juste... la réplique est permise, comme autrefois dan» nos thèses de logique t-l de théologie.

elmvood. Hé bien done, puisque vous me rappelez ce temps-là, je vous dirai que ces graves conférences... que vous présidiez au collège avec tant de talent...

SAKDFORT. VOUS été* btal bon.

elmvood. Vous ont donné dans le monde l'habitude de la controverse et de la discussion... Vous êtes rarement de l’opinion générale, et si je ne craignais de voua fâcher... j'ajouterais,..

sanufort. Allée toujours... je serai enchanté d'entendre la vérité, à charge de revanche.

elmvood. J'njoulorai» que vous, qui êtes la bonté mémo, voua are* l'air quelquefois d’en manquer, non paa ave® moi, mais avec miss Millier, ma pupille; vous vou9 plaisez à la conlrodire... voua n'êtw jamais de son avis.

sakdfort. (Test elle qui n’est jamais du mien, parce que la raison et elle ne peuvent pua être d'accord ; mais vous, son tuteur, vous êtes aveuglé sur son compte, vous ne voyez que ses perfections.

elmvood. Et voua, Sandfort, vous ne voyez que ses défaut»... Ella en a, je ne puis le nier; mais Us tiennent i aa jeunesse, 4 son Inexpérience, à sa fortune mémo, qui attire autour d'elle cotte foule de jeunes gêna h la mode, d'adnratcuis passionnés, toujours épris d’une jolie femme et do e*nt mille livre* de rente... Mais 4 ©ôté de ces légers travers qui frappent voa yeux, que d'exccilentes qualité» voua ne voulez pas voir!...

Ain du vaudeville des Maris ont tort.

Est-il un esprit plus aimable?

Est-il un cour plu» généreux?

Pour la trouver plus excusable.

Interrogez les malheureux.

Et si de ses étourderie*

Tous ne voyez que les effets,

C’est qu'elle montre ses folie*,

Et qu’elle cache ses bienfaits.

sakdfort. Et qui vous parle do cela, ou qui vous dit le contraire? Co que je blâme en clic... c’c*t... c'est voua, c’est votre partialité 4 son égard, c’est la chaleur avec laquelle vous la d fendez... vous que j’ai toujours vu le calme et la gravité même... ce que je blâme surtout, c'est la liberté quo vous laissez 4 une jeuno personne dp son fige.

elmvood. Liberté qui ne doit vous blesser en rien, car nos usages l'autorisent.

bavofobt. Cest la coutume de Londres, je le sais; et ce n'en est pas mieux pour cela... Chez nos voisin* d’outre-roer, en France, par exemple, co n’est pas ainsi qu’on élève une dcmoiscllo... elle ne quitte pas sa mère; elle ne sort jamais.

Air : L'amour qu' Edmond a su me taire.

En France, avant qu'on la marie.

On la surveille avec rigueur ;

Il n'eat rien qu’on ne sacrifie A la décence, 4 la pudeur.

ELMVOOD.

Plus tard, peut-être, elle s'on dédommage;

Et ri j'en crois quelques journaux français.

Des sacrifices du Jeune 4ge L’hymen souvent paya les intérêts.

sakdfort . Fort bien... mais ici, comment justifierez-vous les assiduités de lord Frédéric, ce jeune seigneur si connu pir se* duels et ses galantes aventures, et qui, pour avoir été trois moi* 4 Paris, se croit l'oracle du goût et de la mode... ce brillant militaire, qui a fait tonte» se* campagne* 4 Londres, dans le boudoir de nos Jadys, ou dans le* foyers de l'Opéra... Hé bien! c'est te chevalier, l'amant déclaré de miss Milner... tout le monde le sait ; mais ce qu'on ne sait pas encore,

et ce dont je ne puis douter, c’est la préférence qu’elle lui accorde.

elmvood. Il serait vrai?

sakdfort. Hier encore, dans cette brillante cavalcade qui se rendait au parc Saint- Jantt»... qu’ai-je aperçu?... lord Frédéric i cûté de mia» Milner ; et celle-ci l'écoulait avec tant d'attention, qu'elle en oubliait même le soin do son cheval, l'animal le plus vif et le plus fougueux, qui, soudain, s’est emporté...

elmvood. Oh ciel!... clic est blessée !

bakdfort- Eh! non... eh! non... vom* «ave* bien le contraire, puisque vous l’avez vu* hier au soir, quand elle est revenue de l'Optva, crfr elle était allée avec la tante de Frédéric, qui probthlenv nt avait accompagné ces (Limes... Hé bien 1 hé bien I qu'avez- vous done?... 4 peine ri vous êtes reiul» de votre frayeur.

elmvood. Qui ? moi I.., *1 vraiment... mai» je pensai* aux nouvelle* que vou* venez do m'apprendre... Vous savez que depuis longtemps je cherche 4 marier ma pupille, et voilà plu» de vin.it paili* qu'elle a refusé*. A «uup sûr lord Frédéric n’aura it pas été l'époux que j’aurai» désiré pour elle... rosis enfin, il est d'uqe grande famille, d'une illU'trc naissance... et puis, eoroma vou» le dite», •’il est vrai qu'elle l'aime... il n'y a rien k répondre.

sakdfort. Oui, morbleu... c’eri un mariage qu'il faut faire le plu» tftt pueriblé»

Air des Scythe*.

L'n étourdi qui prend une coquette,

Cest convenable, et la moralité Doit ello-mênio en être satisfaite;

Car u chacun, d’un beau feu transporté.

Eût fait, hélas ! un choix de sou côté,

Gela noua eût fait deux mauvais ménage*.

Mais par cet hymen fortuné,

Ça n'en fait qu'un... en fait du mariages,

Cest, vous voyez, cent pour cent de gagné.

Mais tassons-nous... il ne s'agit plu* de parler raison... car voici Bis* Milner.

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