SCÈNE n
Les Mêmes; miss MILNER, précédée par un domestique qui porte un tableau.
miss milker, d la cantonade. Portez chez moi les vases, las porcelaine», et prenez garde de ne rien abîmer. (Am domestique ) Et vous, place* 14 ce tableau. (Le domestique place le tableau à gauche en entrant.)
elmvood. Hé mon Dieu ! miss Milner... Qu'estce donc que tout ceci?
miss milker. Ah! vou* voilk... bonjour, railurd ; comment avez-vous passé la nuit ?
elmvood. Fort bien, je voua remercie; mai» je vois que vous êtes déjà sortie...
mis» milker. Je rentre à l'instant... Je viens de la vente de lady Sydenham : c’était charmant... c'était admirable... nous avons été trois quart* d'heure pour descendre de voiture... une foule, un monde, une cohue de gens comme il faut... cl surtout une chaleur, deux dame* se Dont trouvées mal... Mis» Arabelle, que vous oonuais-ez... et pour laquelle vou» avez une admiration particulière.
elmvood. Mis Arabelle... et vous me dite* cela bien gaiement !
miss milker. D'abord, il n’y a pas de danger... et puis imaginez-vous qu’elle mettait du rouge, ce qu'on ne savait pas... de sorte quelle s'est évanouie... sans changer de couleur 1 savdfoRT. Quo de légèreté... et qu'lie folle l
miss un. vm. Hein! qui a parlé? pardon. (Lui faisant lu référence.) Si je n'avais pas vu monsieur Snmlfort... je l’aurais deviné à l'oblige-mce ordinaire de se» réflexion» ; me permettra l-il de l’en remercier?
■AKDFORT. Je vous permettrai» plutôt d'en pro- IV or... si vou» étiez femme à user de la permission.
Mti* mi i r r h. Trop aimable... mais vous avez beau faire, vous no me (ficherez pas ce matin ; je suis trnp heureuse... Imaginez-vous, milord, que j’ai tait des acquisitions charmante*... entre autres, ce tableau que vous désirez tant... ce fameux portrait de Vitlicn» de IJle-Àdam, grandmaître de l'ordre de Malle.
elmvood. Oh ciel ! que dites-vous?
mi»» milner, montrant le ftrbfraM. Le grandmaître est 14 !
elmvood, courant ou tableau et Lesaminant.
Je n’en reviens pas encore... une pareille eurpriDP...
sakdfort. Hé bien ! milord, vous voilà séduit par une prévenance, par une flatterie ; crame si le désir de vou* causer celte surprise était le seul motif qui l’eût conduite 4 cette vente... Elle y allait parce que la belle société de Londres s'y était donné rendcD-voo*..- elle y allait pour y paraître, pour y briller; elle y allait psroe que lord Frédéric y était.
mis* milner. Et pourquoi pas? Parmi no* jeunes gens 4 la ifl«»de. en est-il un plus brave... plu» spirituel... qui soit de meilleur ton ?... Je conviens qu’à ses hommages se mêle beaucoup do flatterie. et qu* peut-être... tou» scs éloges ne sont pas vrai»... mais 4 n’en croire que la moitié, c’est déjà très satisfaisant... ot si vous aviez entendu ce qu'il me disait ce matin sur cette course de Hydo-Pnrr, où nous devons aujourd'hui nous trouver ensemble...
elmvood. Il y a une course 4 Ilyde-Parc?
mis* milker. Hé! oui sans doute... un pari dt dix mille guinées... on en parle depuis un m i*... chacun a déj fait emplette de scs chevaux , de ses livrées...
Ai* ; Ce que j’éprouve en tous voyant.
Que d'équipage* élégants I Jugez quelle magnificence!
Ce sera, dit-on, comme en France,
Dans le* plus beaux jours do Longchamp».
«AKDFORT.
Oui, je connais ce pa-rse- temps ;
Mai» parmi ceux qui se hasardent Dans ccs lieux de foule inondés,
Quels sont, de grâce, répondez.
Les plus sots, de ceux qui regardent.
Ou de ceux qui sont regardés?
mi»* mil ver, prête d sor tir. Je von* le dirai i mon retour, car je vais ro’orcuppr de ma toilette.
fi.MVood, Do instant, miss Milner... comme votre tuteur, connu* votre ami, il faut que je vous parle, ici même, d’un sujet très important.
» AKDForiT. Je me retire.
elmvood. Au contraire... je désire que vou* soyez présent 4 notre conversation; fai besoin que voir* m'aidiez de vos lumière».
mis» milner. Quant 4 moi, je serais désolée dn gêner monsieur.
sakdfort, s'asseyant d droite du spectateur.
Je reste donc... car le» moindre* désirs de milord sont des ordre* pour moi...
elmvood, de rautre côte 1 , près de la table, prenant aussi un siège et faisant signe à n.in Chiner J en faire autant. Depuis deux ans quo vous êtes sous ma tutelle, fai pu remarquer en vou» de la légèreté, de l'étourderie; mais j'ai toujours
rmto justice à votre extrême franthiw... C«t cil* que j'invoque aujourd'hui : c’est elle seule qui Joli dicter votre ripons X la question que Je val* vous » dresser. Es! -il vrai, comme «n le dit, que vous aimiez lord Frédéric ?
■ut militer. En vérité, monsieur, une pareille demande a droit de m'étonner.- mais moins encore que le ton avec lequel vous me l'adressez...
Je Devons ai jamais vu avoe moi un air aussi froid et aussi sévère.
uroroiT. Le ton u’y fait rien... on vous demande oui ou non.
■us militer. Est-ce b vous, monsieur, ou à non tuteur que je dois répondre?
elsyood. C'est X moi... à moi scuL.. tic bien 1 pourquoi hésitez-vous ?
taxdfort. Pourquoi ? pourquoi ?... c'est bien fiole X voir : c’est qu’elle l'aime, c'est qu'elle IV éure.
Euivonp. EnGn, de grâce, répondez! Aimezroos lord Frédéric ?
■uh mil*» un. froidement. Non, monsieur.
laxeroRT- Qu’entends-je! vous ne t'aimez pa9? ■us mi. > En, de mime, et d'un ion rétolu .
Jfc®, monsieur, je no l'aime pas.
svsDf obt- Hé bien, mademoiselle, je n'en crois p» un mot.
elmtood- Et pour quelle raison?
zaitdfort. Je n’en sais rien... mais je sul« sûr qu'tBe nom trompe.
elmtood. Quant à moi, miss Ml'ner, qui n’ai aucan motif de douter do votre sincérité... je vous crois; mais je vous demanderai alors pourquoi Tcqs avez encouragé h ce point les assiduités de m jaune homme.
■iss ui Livra. Je ne sais... pour des motifs... que je ne pourrais peut-être m'expliquer moiœéme.
elmtood. Il faut cependant s» décider... on le Dominer votre époux... ou ne plus recevoir ses visites.
miss mi lm ES- J'aimerais mieux qu’il pdt les continuer.
EisDioBT. Et pourquoi?
miss militer. Parce qu’il m'amuse...
savdfoht, se levant. O honte!... vema l’entendez... m ce n’est pas IX de la coquetterie....
elmvood, te levant, ainsi que miss Millier.
Hé bien, mise, j'exige que vous me promettiez dr ne plus revoir lord Frédéric.
yraa militer. Je tous le promets, monsieur. elmvoo*. Uèe aujourd'hui...
Mim militer. nés aujourd'hui I... je le voudrais... mais cetto course X llyde-Porc... depuis si longtemps je m'en faisais un plaisir... j'ea ai révé cette nuit... et puis j’ai promis X lady Seymour... et je no puis y manquer... car, vous savez, monsieur, qu’un engagement antérieur...
elmvood. Et ceux que voua venez de prendre avec moi-, vous n’y attachez aucune importance ?
M»S militer. Beaucoup I si vous y en attachez vous-même ; mais le sujet dont il s’agit en mérite si peu, que je ne puis croire, milord, que vous, qui d’ordinaire êtes si bon et si indulgent...
elmtood, sévèrement. Il est des circonstances où l’indulgence est faiblesse... et je vous ai fait connaître mes intentions.
Mise militer. Vos intentions...
saitdfort. A la bonne heure... voilà ce qu'il faQail dire tout de suite ; et si l’on suivait toujours mes conseils: fi vous étiez ma puptilo...
miss MIL5BB. Si j’étais votre pupille, monsieur... je...
ramdfobt. Ud bien I que feriez-vous ?
miss militer. Je ferai?... ce que jcfrral aujourd’hui... car bien certainement j'irai à celle course.
elmyood. Et moi, je vous dérends de sortir d'aujourd’hui... Je vous le défends... entendezvous? (Il entre dans f appartement à gauche.)