‹ Simple histoire comedievaudeville en un acteChapitre 16 sur 46 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Mm MILNER, BANDFORT.

«AimroBT. Enfin nous voilà donc tous d’accord; co n'eat paa sans peiue... Je puis \ou» le dire maintenant, j’ai cru que jamais nous n’en sortirions t mai», grâce au ciel, tout est fini K la salisfaction générale ; et j'espère que vous devez être bien contante.

MIS» milites. Ah I je n’y tiens plus 1 j'rn mourrai, je crois.

saxdpobt. Hé bienl qu'avez-vous donc? n'allez- vous pas pleurer... maintenant que voua êtes heureuse, maintenant que vous épousez celui que voua aimez...

miss militer. Et si je ne l'aimais pas !..

saitdfort. QuVst-ce que ça signifie? Est-ce que nous allons recommencer ?

miss milites. Monsieur Sandforl... daignez m'écouter.

sardfort. Non, mademoiselle; c'en est trop, et je n'écoute rien... 11 s’agit ici de l’aimer une fois pour toutes, et que ça finisse...

■iss MiL.TLu. Et si jo no le puis... si j'en aime uu autre ?

saitdfort. Un autre I... est-ce que cela sel possible?... Est-ce que jo puis récuser le témoignage de mets yeux?... Est-co que jo u'ai pas vu tout à Hicuro encore la tendresse que vous portiez à lord Frédéric?... votre piltur... votre effroi au moment du combat ?

mi»» militer. Etait-il donc le seul dont les jour» étaient menacés? Etre- vous donc si aveugle, monsieur Sandforl?... ci pensez-vous que Je no, prenne aucun intérêt & lord Elmvood?...

9A50FOBT. Lord Elmvood?

elmvood, à mite Milner. Des affaires particulims «'appellent en Italie. D< pin» quelque temps, • ieçàt la m«>rt de mon frère, j’étais k* seul dèsccdéint dre comte* d’ Elmvood ; on a pensé qu'il at {filait point après moi laisser passer à une feucl* protestante les bien» et les titres d’une km’U catholique* ** et c'eut dan» l'intérêt même j. notre cause que la cour de Rome vient de me ddûrde mes vœux...

t ,n uu.yr.it. Qan dites-vous I uuroop. Co sont là cre papiers que j’ai reçus crautia... «t dont j« voulais vous faire part à ton* deux ; ce changement d'état, que du reste jo rnjih arec indifférence, m'affligeait seulement

|2rài. de .ou» ««a.

Miss militer. Oui, je l'aime ; cl c'est lui seul que j’ai toujours aimé...

saxdfoht. B *nté do Dieu 1 que me dites-vous là !... et que de malheurs jo prévois !... Dans ce moment surtout, après ce duel, ce combat, après la parole donnée-. Pourquoi aussi ne pas dira ce que vous pensez?... et pourquoi ne pas Le dire de suite ?...

mis» militer. Est-ce que jo lo pouvais? lorsque mon tuteur n'était pas libre... quand des nœuds narras l'enchaînaient k jamais! Cette idée mémo était un crime; et, loin d’avouer un tel amour, j’aurai» voulu ma lo esche» & moi-même... De là le> inconséquence», Ire contradictions que vous | blâmiez dans uu conduite... Ce» adorateur» dont

j 'encours geais les hommages... ce# «virées brillante», ce» plaisirs dont je m’environnais, tout cela était autant d'armes que je clicrcluia contre lui; et, loin do l'oublier, Je me trouvai» encore plus malheureuse.

saitdfort. né bien! alors, puisque cela vous rendait malheureuse, pourquoi l’aimiez vous?

miss milites. Ah! c'cat que ces tourments mêmes avaient leurs charmes...

Aib nouveau do J I. Charles Plantade.

J'étais en proie à U souffrance,

Mai» je souffrais auprès de lui;

El dans era bal», dons «Uto foule immense.

Où de me» maux j 'allais 'chercher l’oubli,

Autour do mui regardant à la rondo,

J'aurais duuné, regrettant mon ennui,

Le» plaisirs que m'offrait lo monde Four les chagrins qui m'attendaient ici.

sasdfobt. Par exemple, voilà des choses dont je n'arais jamais eu l'idée...

miss mii.7tf.ii. Josuis bien coupable sans doute, mai# je souffre, et je n’oi plus d’amis; je n’en avais qu’un, et il ne m’est pas permis do lui confier mes peines... il no me reste dune que vou», monsieur Sandforl, mon bon monsieur SanifirU soyez mon guide... mon conseil; que deifl-j* faire?

saitdfort. Pauvre Jeune fi’lo î vous éle» venue h mol dan# le jour do l'affliction... et Je no tromperai point votre confiance... Quoique ce soit la première fuis que je sois consulté dans une pareille affaire, il me semble qu’il faut de la franchise avant tout... et puisque vous aimez lord Elmvood... ch bien ! je rais le lui dire...

mis» militer. Y pensez-vous! lui foire un pareil aveu!... plutôt mourir de honlc...

i saitdfort. C’est juste, cda ne se peut pas... ça 1 n’est pas convenable... moi» pourquoi l'aimezvous? Il n’y aurait qu’un moyen, c’est do faire | ce.t aveu à lord Frédéric...

■iss militer. C'est encore pi» : après co qui s’est passé, il croira qu’on s'osl joue de lui... et co duo! que jo roulais empêcher sera maintenant | inévitable... ce sera un combat à mort.

saitdfort. Vous avez raison, il y va du se# jours... mais alors jo vous demanderai encore pourquoi l'aimez-vous ? est-co donc une eho** ai difficile? Que diablo ] on se raisonne, on se dit ; je n'y dois plus penser; et on n’y pen#« plut...

■iss militer. Monsieur Sandfort, vous n'avez jamais aimé.

saitdfort. C'est vrai, et je m'en félicite, car cela m'a permis au moins de conserver quelque rectitude dans le jugement, et quelque suite dan» les idées... Or, voici mon raisonnement : St lord Elmvood était reste dans l’ordre de Malte... s'il n'avait pas été dégagé do ses vœux... vous auriez fini par renoncer à lui... et vous auriez épousé Frédéric...

■iss mi lit s*. Je ne sais... cela se peut... saitdfort. Eh bien!... ce sacrifice que la nécessité vous forçait do faire, failcs-la de vousmême... mais sans autre mobile que voir* propre générosité, que lo sentiment do yob devoir» ., dites-vous, pour mieux vous y décider, que vos goûts, vos humeur», votre caractère, no conviennent peut-être point à lurd Elmvood... dite*voua que peut-élro vous n’auricz pas fait son bonheur... ■iss militer. C'est que jo crois que si...

saitdfort. C'est égal... il faut voua dire le contraire... il faut vous dire surtout que ce généreux sacrifice voua acquitte envers lui de tout ce que vous lui devez; quu vous lui conservez l'honneur ; que vous lui sauvez la vie.

■ ISS Ml!-* FR.

Ain : Ainsi que vous, je veux, mademoiselle.

■En m’offrant une telle idée,

Vous m'enchaînez, et pour toujours :

Oui, ce seul mot m’a décidée.

Je me tairai pour conserver ses jour.*...

Je cacherai mon trouble extrême,

J’en aurai la force aujourd’hui I Vous ne voulez plus que je l’aime,

J’j consens... par amour pour lui.

sandfort. Voilà encore de cee raisonnements qui no sont pas a nui portée... Mais n'enteodezvous pas ?... e'esl le brait d’une voiture.

■iss milner. Lord Elmrood, sans doute... Ne craignez rien, je tiendrai ma promesse.

sandfort. Adieu... adieu, du courage. (IJ tort par la porte de gauche.)

■iss mil*er. Grands dieux l lord Frédéric...

Page 1