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CHAPITRE XXV

Je suis nommé lieutenant-colonel du 4* cuirassiers, a Cambrai.

— Le colonel de Noue. — Fénelon et Chateaubriand, — Le château de Marchais, au prince de Monaco. — Notre-Dame de Liesse. — Dernières manœuvres. — M. Etienne, ministre de la guerre. — Le général Picquart. — Dernier billet de logement.

— Fin de ma carrière militaire.

Au milieu de tout ce déplorable gâchis, je fus nommé lieutenantrcolonel du 4 e cuirassiers, à Cambrai, vers la fin de 1904.

Je connaissais le colonel, M. de Noue, et beaucoup d'officiers du régiment qui, à rencontre de bien d'autres, demeurait fort agréable et fort uni. Malgré que le séjour de Cambrai fût assez maussade et que le détachement de deux escadrons, l'un à Valenciennes, l'autre à Condé, compliquât fort le service, la bonne humeur générale palliait tous les ennuis»

Chacun y mettant du sien, les rapports avec les députés et les fonctionnaires étaient bons, j'allais dire cordiaux. La population considérait les officiers et affectionnait les soldats.

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Même la paix s'était faite avec l'un des adjoints, fabricant d'écrémeuses, franc-maçon de haut grade et auteur de quelques fiches, peu venimeuses d'ailleurs.

De la ville même je ne vois pas grand'chose à dire, sinon que tout y rappelait Fénélon, son illustre archevêque, et que rien n'y rappelait un modeste officier du régiment de Navarre, lequel y fit ses premières armes en 1787 et devint plus tard le premier écrivain de son époque : Chateaubriand. Comme il l'avait fait lui-même en traversant Cambrai avec Louis XVIII, après les Cent-Jours, j'ai vainement cherché la maison qu'il avait habitée, le café qu'il fréquentait, les fenêtres de la belle et cruelle Flamande pour laquelle son camarade La Martinière soupirait.

Au printemps de 1905, le colonel de Noué devint général et fut remplacé par le colonel Huguet, ancien lieutenant-colonel du 2* cuirassiers. Peu après, une épidémie de pasteurellose, succédanée de la typhoïde, frappa les chevaux des escadrons de Cambrai avec une telle persistance qu'ils ne prirent part ni aux grandes manœuvres de 1905 ni à la répression des grèves du Nord au commence-

ment de 1906. L'épidémie finissait à peine lorsque nous allâmes, au mois de juin, faire des tirs de guerre au camp de Sisonne. Nous devions loger à courte distance du camp dans une commune dont le nom m'échappe ; mais, après quelques pourparlers difficultueux, le maire s'aperçut que la rougeole ravageait ses administrés. Le mal venait à point pour libérer le village de notre présence, et nous en éprouvâmes aussi quelque avantage, car nous trouvâmes une hospitalité cordiale et magnifique au château de Marchais, chez le prince de Monaco.

Le château, situé dans une immense plaine marécageuse et pauvre, est un somptueux logis de style renaissance. Alentour s'étend un grand parc qu'animent des eaux très claires, mais un peu lentes sur le sol sans déclivité.

Le domaine appartint aux Guises et l'on visite, dans une tourelle, le cabinet où se tinrent, suivant la légende, plusieurs conciliabules initiaux de la Ligue.

Les dedans du château comprennent de fort belles pièces arrangées à la mode italienne, avec un luxe lourd qui se complaît aux damas rouges, aux boiseries sombres, aux meubles dorés. On

compte les objets vraiment remarquables, et c'est à peine si quelques rares souvenirs évoquent la mémoire des Grimaldi, des Goyon (1) et des plus proches parents du prince.

J'ai vainement cherché une image de la charmante princesse Joseph de Monaco, née Choiseul- Stainville, guillotinée pendant la Révolution, dont le nom m'évoquait des souvenances familières.

Rien ne semblait unir le passé au présent, et quelques indices de souveraineté actuelle ou de science révélaient seuls le maître du château. Sur la table de ma chambre, des calculs logarithmiques couvraient un bloc-notes à couronne royale. De ma fenêtre, le regard, attiré tout d'abord par les fuseaux blancs et rouges d'une mosaïculture héraldique, découvrait plus loin un hélicoptère en mal d'ascension.

À quelques kilomètres de Marchais se trouve le pèlerinage de Notre-Dame de Liesse, dont l'histoire se rattache à celle du château. D'après une tradition très pieuse et très obscure, l'église fut bâtie par un seigneur de Marchais, chevalier

(1) On sait que le prince de Monaco descend d'un Goyon-Matignon, auquel la dernière des Grimaldi apporta par mariage la principauté de Monaco.

croisé, que la protection divine avait ramené sain et sauf des prisons du Caire à sa terre de France.

Le sanctuaire devenu célèbre communiqua son nom à la petite ville qui grandit alentour par la fréquence des pèlerins.

Au temps des Valois, les rois de France avaient accoutumé de venir en pèlerinage à Notre-Dame de Liesse, et la duchesse de Berry s'y rendit après la naissance de son fils, l'enfant du miracle, Henri- Dieudonné d'Artois, dont la tristesse des temps fit le comte de Chambord.

Maintenant Liesse semble un peu délaissé. On lui préfère d'autres pèlerinages plus lointains où s'élèvent d'énormes caravansérails à l'ombre de somptueuses basiliques. Mais Notre-Dame entend toutes les prières et la modeste, église de Liesse — dont le nom signifie bonheur — me semble mieux faite que toute autre pour le réconfort des cœurs attristés. Je rencontrai cependant à l'église un pèlerin joyeux : c'était mon ordonnance qui achetait un chapelet et une bague pour sa fiancée.

Un peu plus tard nous allâmes faire les manœuvres sur les bords de l'Aube, la blanche rivière qui coule dans un sillon de feuillage parmi les guérets infertiles de la Champagne pouilleuse, et

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dont l'eau froide brasille à chaque aurore sous des vapeurs argentées.

De ces manœuvres, — les dernières pour moi, — je garde une impression profonde. Leur souvenir s'associe dans ma mémoire à celui de mes premières manœuvres, celles que j'avais faites en 1882, du temps que j'étais sous-lieutenant. Dans un rêve instantané, je revois d'abord mon petit peloton de dragons, puis la longue troupe des cuirassiers avec leurs cuirasses et leurs casques étincelants. J'entends le bruit des fers lourds frappant la terre en cadence. Je perçois l'acre effluve des hommes et des chevaux ardents à la besogne sous la chaleur du jour.

Le nouveau ministre de la guerre, M. Etienne, vint passer deux jours avec nous. Tous ceux qui l'avaient rencontré connaissaient son ardent patriotisme hérité de Gambetta, et son affection pour l'armée qu'il avait vue à la peine dans le pays oranais.

M. Etienne ne trompa point notre attente. S'il apparut aux troupes en écuyer médiocre sur un petit cheval arabe croupionnant, il trouva pour parler aux officiers un élan, une élévation d'âme, une sincérité de pensées qui allèrent droit à nos cœurs déshabitués d'untel langage.

Je le vois encore au milieu de nous» un peu lourd, forC rouge et manquant de prestige, avec son chapeau melon, son col trempé de sueur, son veston court, ses jambières enserrant non sans peine de puissants mollets. Mais dès qu'il commença de parler, découvert sous le soleil ardent, la clarté sincère de son regard, la hauteur sans emphase de ses expressions, la noblesse de son débit lui conquirent tous ceux qui attendaient ses paroles réconfortantes et les écoutaient avide ment.

En l'entendant, je songeais à Mirabeau dans l'ampleur de ses derniers discours, alors qu'il luttait pour dissiper l'orage amoncelé par lui-même, à Gambetta dont le patriotisme se dégageait de toutes passions mauvaises dès qu'il pensait à la France.

Le général Picquart était là aussi. Malgré les traverses de son existence, il semblait n'avoir changé ni au moral ni au physique depuis la dernière fois que je l'avais vu en uniforme avant mon départ pour le Japon. Ses manières, son ton, ses allures étaient restés les mêmes, sauf une pointe d'embarras : tel celui de l'homme qui arrive dans une société avec un œil au beurre noir et se dit dès

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l'abord : « Mon Dieu que ça va être ennuyeux d'être regardé par tout le monde, de recevoir des condoléances et d'expliquer vingt fois de suite comment j'ai eu l'œil poché! »

Il se tenait légèrement à l'écart, san^ rechercher ni éviter les saluts,et laissait flotter sur les groupes un regard clair et vague qui, tout en lui permettant de reconnaître ceux qui le saluaient, lui permettait aussi de n'avoir point vu ceux qui ne le saluaient pas. S'il parlait à quelque officier de son ancienne connaissance, c'était pour citer d'insignifiants souvenirs de vie militaire commune, dont le rappel forme la monnaie courante des conversations entre camarades qui se retrouvent après s'être longtemps oubliés. Pour le reste, il semblait être chambré par quelques officiers jacobins et jouer en raccourci le rôle de Jean de Leyde, du Prophète, entre les trois anabaptistes.

Quant aux manœuvres mêmes, j'ai peu de chose à en dire, car je ne veux pas allonger encore ce récit dont les pages vont s'attristant.

La cavalerie galopa beaucoup, peut-être trop, ce qui fit honneur à ses chefs et tort à ses chevaux. Mais les premiers tenaient à se distinguer et les seconds ne pouvaient se plaindre. D'ailleurs la

cavalerie française, ardente à se laver de quelques reproches mérités naguère, est emportée maintenant par une hâte fébrile, une surenchère de vitesse dont les dangereuses conséquences apparaîtraient en cas de guerre.

11 suffit de voir la kyrielle de chevaux blessés qui suivent certains régiments au retour des manœuvres pour n'avoir aucun doute sur ce point.

Et, péril encore plus grave, ce même besoin de surenchère domine aussi les questions d'instruction. Tandis qu'avec le service court il faudrait conduire lentement, posément, sagement les débuts du travail équestre, base fondamentale de l'instruction des hommes et du dressage des chevaux, chaque instructeur semble uniquement désireux de montrer des recrues qui galopent plus tôt que celles du voisin.

En paix, les cohues rapides de cavaliers sans expérience entraînés par des chevaux sans dressage font illusion ; mais qu'en adviendrait-il sur de vrais champs de bataille, devant des troupes mieux préparées?

On prétend, il est vrai, que la cavalerie française est plus manœuvrière que la cavalerie allemande, et cette supériorité se manifeste sur nos champs

d'exercice par toutes sortes d'échelonnements et de zigzags fort séduisants en théorie et dans la pratique du temps de paix.

Seulement, la première condition pour que ces subtilités réussissent dans la réalité du combat serait que nos cavaliers eussent une instruction individuelle très supérieure à celle que comporte le service de deux ans. Eh! mon Dieu, si le ciel veut que l'on se tape un jour, la victoire sera pour ceux qui taperont tout de go, droit dans le tas, ferme et de bon cœur!

Au retour, notre dernière étape fut à Fresnoyle-Grand. Le hasard d'un dernier billet de logement me conduisit chez une veuve dont le fils se destine à l'armée. L'enfant prenant plaisir à regarder mes chevaux, mes ordonnances, mes armes, à soupeser ma cuirasse, à mettre mon casque dont la crinière inondait ses épaules, je lui promis un album représentant des soldats. Avant de quitter l'armée, j'ai tenu ma promesse. Puisse-t-il tenir la sienne, devenir un bon officier et, dans un avenir meilleur, suivre les conseils qu'il reçut, en des temps tristes, d'un soldat malheureux t

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Je passai le mois de novembre en permission et revins en décembre à Cambrai.

Mon grade intermédiaire de lieutenant-colonel m'avait épargné toute immixtion dans les inventaires et je me croyais délivré de ce cauchemar affreux lorsque, le 27 décembre, entre six heures un quart et six heures et demie du matin, un homme de troupe passa chez moi. Il annonça que l'autorité préfectorale allait faire occuper les séminaires et que le premier escadron et le deuxième étaient de service à cette occasion, en ajoutant toutefois qu'aucun ordre direct ne me concernait.

Quelques minutes plus tard l'adjudant de semaine entra jusque dans ma chambre pour m'annoncer que le colonel Huguet me demandait immédiatement au quartier à propos de l'évacuation des séminaires.

J'obéis en hâte et trouvai dans la cour du quartier les deux escadrons déjà prêts, mais un peu retardés à la dernière minute par la nécessité de mettre aux chevaux des crampons, car le sol neigeux et verglacé devenait très glissant. Le colonel se promenait dans la cour. Il me dit que, le général Bizard étant allé coucher à Lille (1), il remplissait pour

(1) Le général Bizard, nommé récemment au commandement de la 4" brigade d'infanterie, n'était pas encore complètement

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quelques heures les fonctions de commandant d'armes et ajouta que je devais prendre le commandement des troupes requises pour l'évacuation des séminaires. Il me remit ensuite un rouleau de papier en même temps qu'il me demandait de venir déjeuner rapidement au mess des sous-officiers qui se trouve à l'autre bout de la caserne.

— Merci, mon colonel, répondis-je; mais je voudrais d'abord voir ces papiers et ne puis le faire dans l'obscurité de la cour.

— C'est une réquisition et un ordre écrit.

— Il me faut pourtant les lire. J'ai même le devoir de prendre connaissance de la réquisition.

J'allai dans la salle du rapport, éclairée par une lampe, et je reconnus qu'il s'agissait en effet d'une réquisition et d'un ordre régulier.

Sans comprendre pourquoi je n'avais pas été prévenu la veille au soir ou de très grand matin comme tous les autres officiers et les soldats, je demandai au colonel si l'autorité civile s'était pourvue d'ouvriers.

— Je n'en sais rien. Pourquoi me faites-vous cette question?

installé à Cambrai et retournait coucher à Lille, son ancienne garnison.

— Je voudrais éviter un esclandre, mais je dois vous prévenir que je ne ferai pas enfoncer les portes des séminaires.

— Si Ton vous demande des hommes pour cela, vous n'aurez qu'à les donner sans vous mêler autrement de ce qu'ils feront. D'ailleurs vous êtes absolument couvert par une réquisition et un ordre écrit.

— Je n'en disconviens pas; mais mon père est mort pour la défense de l'Église et je ne puis forfaire à sa mémoire. Il est, en dehors et au-dessus des règlements, certains scrupules dont le respect s'impose.

— Refusez-vous de monter à cheval et d'assurer Tordre dans la rue?

— Non, je ne refuse pas cela.

— Eh bien, partez toujours!

Les choses s'étaient passées si vite que mon cheval n'était pas prêt et que je dus, pour obéir, prendre le cheval tout sellé d'un sous-officier ou d'un soldat.

Lorsque j'arrivai devant le grand séminaire avec les cuirassiers, les autres troupes étaient déjà placées depuis quelque temps, et les cantonniers de la ville brisaient la porte avec des barres de fer.

Je vis ensuite des agents de police frapper des prêtres et emmener au poste, comme un criminel, le coadjuteur de l'archevêque qui avait voulu lire une protestation. Je vis pendant trois mortelles heures bafouer tout ce que mon âme et mon cœur respectaient le mieux sur la terre.

C'était r effondrement de mes espoirs d'avenir, de mes rêves d'apaisement et de réconciliation entre tous les Français : rêves dans lesquels j'avais été très loin, trop loin peut-être. C'était F avilissement jusqu'aux besognes infâmes de mes soldats, de mes chers soldats.

L'épreuve me surpassait. Pendant quelques jours, j'errai de résolutions en résolutions, attendant le retour de mon colonel qui était allé passer dans sa famille les fêtes du jour de l'an. Demeurer ou partir me semblait également douloureux. Enfin, l'âme en désarroi, le cœur soulevé, les yeux invinciblement fixés sur la pente raide, savonnée de honte, qui dévalait à mes pieds, je donnai ma démission.

Ainsi finit ma carrière militaire après vingt-huit ans et demi de service, six ou sept campagnes, et trente honorables jours d'arrêts de rigueur dont je fus puni pour avoir déclaré que mes soldats

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n'enfonceraient pas les portes des séminaires de Cambrai.

Le sommeil m'avait fui, et je souffrais d'une grippe nerveuse aggravée par un violent retour des fièvres africaines. On me satura de narcotiques qui ralentirent d'abord l'empirement du mal, puis, devenant inefficaces, produisirent un paroxysme dangereux. Tantôt ma tête lasse demeurait sans pensées, tantôt je repassais avec une acuité mémoriale extraordinaire toute ma vie antérieure. La vue d'un uniforme, le bruit familier d'un cheval traversant la rue, le moindre objet évoquant des souvenirs militaires, me jetaient dans un trouble affreux.

Peu à peu cependant, le bouillonnement de mon sang se calma, l'oubliance vint, je repris conscience de toutes choses ; et maintenant je m'arrête, comme un vieil adjudant retraité, pour regarder en connaisseur les soldats qui font l'exercice sur l'esplanade des Invalides ou sur le quai d'Orsay.

Le plus souvent, l'intervention des troupes dans les spoliations d'édifices religieux était parfaite*

ment inutile; mais, après avoir meurtri l'armée de toutes manières, le gouvernement crut pouvoir enfin se la conjoindre par d'abjectes complicités. H s'imaginait donner ainsi aux officiers et aux hommes l'âpreté des renégats contre leur foi ancienne. Le calcul est faux, car, si désemparée qu'elle soit et malgré toutes les sophistications qu'elle subit, l'armée reste dans le fond libérale et croyante.

Un jour viendra que toutes les victimes du gouvernement actuel se lèveront à son encontre. En tête marchera l'effroyable cohorte des morts spoliés de messes et de prières. Toutes les cloches de France leur sonneront la marche en forme de glas, et rien ne leur résistera, car ce seront des ombres dont l'insubstance échappe aux contraintes humaines. La nation entière suivra. Ceux qui l'oppriment mesureront alors quels périls on risque à prostituer la sainte obéissance militaire en faisant agir des hommes contre le droit, contre la morale, contre leur conscience, contre leur Dieu.

Ensuite, il s'agira de rendre une armée à la France et, pour y parvenir, il faudra spettre à la tête de cette armée nouvelle des chefs qui sauront la tenir à l'écart des luttes politiques, faire appel à

tous les bons vouloirs, laisser les officiers vivre en paix et en liberté dans leurs sphères sociales et intellectuelles diverses, obtenir de chacun un concours complet mais non servile à l'égard de ses supérieurs, un dévouement et une affection absolus pour ses inférieurs, — humainement ses égaux, — enfin exiger que tous ceux qui portent des galons s'en montrent dignes en étant gens de cœur, d'honneur et d'honnêteté.

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