‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 100 sur 219 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

un bon roi, au lieu d’un prince trés méchant que vous AvLez.

Dans le quartier du Temple, les ligueurs firent encore quelques mouvemens. Pendantque les troupes étrangères sortaient de Paris, un des plus mutins, des Seize, tint dans sa maison une assemblée d'environ cinquante ou soixante lieueurs. Après en être sortis, plusieurs d’entre eux disaient que l’on n'en était pas où l'on pensait. Ces paroles furent rapportées au roi qui ne s'en mit point en peine. Dans cette journée , il ne put s'occuper d'aucune affaire, et dit à quelqu'un qui lui communiquait deux avis importans : J{ faut que je vous confesse que Je suis si enivré d’aise de me voir où je suis, que je ne sais ce que vous me dites, ni ce que je vous dois dire.

Les jours qui suivirent cette heureuse journée, furent marqués par quelques projets de révoltes, quelques menaces d’assassiner Henri IV qui cependant ne cessait de manifester sa clémence, sa bonté et son respect pour la religion, en pardonnant à ses plus furieux ennemis, en visitant lui-même les prisons, les hôpitaux, en faisant l’aumône aux uns et donnant la liberté aux autres. Il vint exprès de Saint-

Germain , à Paris, quelques jours après son

entrée, pour assister À l’absoute faite à Notre- Dame, le mercredi saint. Pendant qu'il était dans l’église, on lui montra en face de lui un ligueur qui se rongeait les doigts de dépit ; le roi se mit à rire, et ne voulut point qu'on le fit retirer. Comme ce prince sortait de l’église , une pauvre femme lui cria : Sire, Dieu vous doint bonne vie et longue; le roi Ja remercia par un signe de tête ; alors cette femme redoubla: Bon rot, dit-elle, Dieu vous gouverne et assiste toujours par son Saint- Esprit, à ce que vos ennemis sorent dissipés el confondus. Amen, répondit le roi tout haut, Dieu me fasse misértcorde el à vous ausst.

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