‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 11 sur 219 · TROUBLES À PARIS, SUSCITÉS PAR LA RÉVOLTE DES ÉCOLIERS · texte numérisé non relu

TROUBLES À PARIS, SUSCITÉS PAR LA RÉVOLTE DES ÉCOLIERS

En 1200, un gentilhomme allemand, étudiant à Paris, envoya son domestique dans un cabaret, pour y acheter du vin. Ce domestique y fut maltraité. Les écoliers allemands vinrent au secours de leur compatriote, et frappèrent si rudement le marchand de vin , qu'ils le laissèrent à demi mort. Les bourgeois vinrent à leur tour venger ce marchand. Ils accoururent en armes contre la maison du gentilhomme allemand et contre ses compatriotes étudians. Il y eut une grande émotion dans toute la ville. Le gentilhomme allemand et cinq écoliers de

pe

CHAPITRE IV. 15 cette nation furent tués. Le prévôt de Paris , nommé Thomas, était à la tête des Parisiens, dans cette expédition. Les maîtres des écoles s'en plaignirent au roi Philippe, qui, sans autres informations ; fit arrêter ce prévôt et plusieurs de ses adhérens, fit abattre leurs maisons, arracher leurs vignes, leurs arbres fruitiers, et craignant que les écoliers étrangers ne désertassent Paris, il rendit une ordonnance éminemment protectrice pour les écoles et ceux qui les fréquentaient. Thomas, pour n’avoir pu empêcher le désordre, fut condamné à une prison perpétuelle.

En 1221, les écoliers de l'université, forts des priviléges que Philippe-Auguste leur avait accordés, se livraient à tous les excès : ils enlevaient les femmes, commettaient des adultères, des meurtres, des vols. L'évêque Guillaume de Seignelay déclara excommuniés ceux qui marcheraient de nuit ou de jour avec des armes.

Cette excommunication produisit peu d'effet ; l'évêque alors fit emprisonnier les plus séditieux, et chassa les autres de la ville; la tranquillité se rétablit.

En 1225, dit un écrivain contemporain, il

s'éleva entre les écoliers et les habitans une querelle violente. Trois cent vingt étudians fu-

rent tués et jetés dans la Seine. Des professeurs se rendirent auprès du pape pour se plaindre d’une persécution aussi cruelle ; quelques-uns se retirèrent avec leurs écoliers hors de la capitale. On interdit Paris ; et ses écoles, si supérieures à celles des autres villes de France, restérent vides d’écoliers, de professeurs, et furent fermées.

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