CHAPITRE LVI
d'établir leurs prêches à Charenton, les catholiques en furent très-mécontens. Il ne se passait point de dimanche ou de fête, sans quelques séditions ou insultes de part et d’autre. Le roi, pour faire cesser cette guerre continuelle, et maintenir l’ordre qu'il avait établi, ordonna qu'il serait dressé à la Porte- Saint- Antoine une potence , pour y attacher le premier, tant d'une religion que de l’autre, qui oserait troubler le repos public.
Cette ordonnance causa entre le lieutenantcivil et le lieutenant-criminel une violente discussion. Chacun des deux disait avoir le droit de faire dresser cette potence. Cette contestation aurait plus long-temps retardé les effets de l'ordonnance du roi, si le chevalier du guet
n'eût accordé les deux parties d’une manière
fort raisonnable. Il proposa aux deux magistrats de faire planter deux potences, l'une, ditil, sera pour le lieutenant-civil, l’autre, pour le leutenant-criminel.