LIEUX DE DÉBAUCHES
Le duc de Foix, le duc de la Ferté, le sieur de Camardon, et autres gentilshommes , étant dans un lieu de débauche, rendez - vous ordinaire des gens du bon ton, ce dernier proposa au duc de la Ferté, comme une singularité piquante, de faire venir coucher la duchesse, sa femme, chez Louise Darquin, ou chez Madelon
Dupré, courtisanes alors en réputation.
Quoique le duc de la Ferté ne fût pas fort susceptible sur l’honneur conjugal, il ne trouva pas la proposition acceptable. Le duc de Foix dit sérieusement que la duchesse de la Ferté n'était pas femme à venir dans des lieux de débauche; Camardon lui répliqua : « Non-seulement la duchesse de la Ferté y viendra quand je voudrai, mais encore la duchesse de Foix, votre femme , si vous voulez gager seulement cent pistoles. La gageure fut acceptée.
Cinq à six jours après, Gamardon alla voir la duchesse de Foix, qui.était sa sœur ; lui dit qu'il avait fait une partie avec la duchesse de la Ferté pour aller à la Foire Saint-Germain, que si elle en voulait être il les y menerait toutes deux un matin; mais qu’il n’en fallait rien dire à son mari ; que la duchesse de la Ferté était convenue de n'en point parler au sien. La partie fut liée sans autres informations. Camardon alla prendre les deux dames en carrosse. En chemin quelque chose se dérange dans la voiture, les dames épouvantées crient d’arrêter , et Camardon jure après le cocher. Tout cela n'était qu'une feinte; cependant Camardon s'apaise, ct propose à ces dames d'entrer dans la maison d'une bourgeoise de sa connaissance, qui se trouvait par bonheur tout proche, en attendant