CHAPITRE LXV
prétexte d’aller prêcher. à la campagne, demanda à son supérieur une attestation de bonne conduite, et muni de cette pièce, il quitta son froc, son couvent, et vint à Ablon se présenter pour être admis parmi les sectateurs de Calvin. L'histoire ne rapporte point si les remords le ramenèrent dans son couvent de Paris. Il est certain que l’appréhension de la discipline fraternelle eût pu le détourner de cette pensée.
Baptiste Bugnet ne fut pas le dernier cordelier de Paris, qui apostasia dans le même temps. L'année suivante, le 29 juillet 1605, un cordelier du même couvent, nommé Bertrand d’4vignon, renonça furtivement à l’ordre, à l’habit de Saint-François, et vint encore à Ablon, embrasser le calvinisme. di
Ce ne sont pas les seuls moines qui ont quitté le froc, pour abjurer le catholicisme; la liste de ceux qui, en différens lieux, ontabandonné leur monastère et leur religion serait longue. Le fils d’un des plus furieux assassins de la Saint- Barthélemi , nommé Crorset, était de ce nombre; il se fit cordelier, puis en 1595, il jeta le froc aux orties, et se retira à Bourg-en-Bresse, où il devint ministre des protestans dont son père avait été le bourreau '.
* Croiset le père, pendant le masscare de la Saint-