CHAPITRE LXVIL ASSEMBLÉE DU CLERGÉ, COMBAT À COUPS DE POING
En 1605, il. se tint, au couvent des Grands- Augustins, une assemblée du clergé, à laquelle présida François, cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen. Elle était composée de neuf archevêques, de dix-huit évêques, et de trentedeux abbés du second ordre. Jérôme de Villars, archevêque et comte de Vienne, fit la haran-
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gue au roi. Un historien de ce temps dit que, dans cette assemblée, « se firent de beiles » prôpositions, peu ou point de résolutions ; de »faste prou; de profit peu; de dépense beau- »coup. Le vin et la bonne chère qui y prési- »daient causèrent entre les présidens et pré- »lats de ladite assemblée, de grands débats et “altercations sur le fait de leurs préséances, » principalement entre MM. les archevêques de » Sens et de Lyon, l’un viel, et l’autre jeune. » Le premier était Renaud de la Beaune , archevêque de Sens, grand-aumônier de France, alors âgé d'environ quatre-vingts ans; et le second Claude de Bellièvre, beaucoup plus jeune, et archevêque seulement depuis une année. La préséance fut décidée en faveur de ce dernier, et le jeune l’emporta sur le vieux. Mais cette querelle minutieuse ne se termina point sans beaueoup de chaleur de part et d’autre. Dans cette vénérable assemblée , on ne se contenta pas de querelles, d’injures, les prélats qui la composaient en vinrent aux mains, et se battirent à coups de poing : combat digne de sa cause. L'auteur cité assure que les coups de poing éombérent sur ceux mêmes qui n’en pou-
datent mats.
SENGULARITÉS HISTORIQUES. 211