CHAPITRE LXVIIT
tendirent des injures et des cris, et virent le spectacle scandaleux de deux prêtres, vêtus en habits sacerdotaux, se tirailler, se frapper au pied de l’autel. Le célébrant se trouvant le plus fort, garda la coille, et continua lé saint sacrifice de la messe; puis il accusa son adversaire d’être sorcier, et le fit constituer prisonnier à l'évêché.
Le prétendu sorcier employa des amis et sortit bientôt de prison. Brûlant de se venger du prêtre qui l’avait battu, qui lui avait gardé sa coiffe, et qui l'avait fait emprisonner, ilexamina de près sa conduite, et ne tarda pas à découvrir que, dans une maison située sur les fossés entre les portes Saint-Martin et Saint- Denis, son ennemi entretenait et allait souvent visiter une fille débauchée; il guetta le moment où la fille et le galant en soutane y étaient ensemble; il avertit promptement un commissaire qui les surprit et les fit mener en prison. L'historien, qui a conservé ce fait, semble s’indigner du luxe insultant qu'étalait cette
créature entretenue par un prêtre. La gar.., dit-il, avait un cotillon vert, bandé de trois bandes de velours. Que dirait-il donc aujourd’hui des impures qui jouent le même rôle?