SORCIERS
La Brie a long-temps été peuplée de sorciers, d’enchanteurs ou de gens qui croyaient l'être. C'était dans les environs de F’erberie et de la Ferté-Milon, que se tenaient les sabbats ou assemblées de sorciers (voyez Sabbuts ), et au hameau de Paci, proche Brie-Gomte- Robert, que des bergers faisaient mourir par sortilége, tous les bestiaux des fermiers du voisinage.
Des sacriléges , des profanations dont le récit, dit-on, ferait horreur, composaient le sort que ces bergers magiciens employaient pour donner la mort aux animaux; ils mettaient cétte composition dans un pot de terre,-et l’enterraient sous le seuil de la porte-des étables ou écuries, ou dans les endroits que fréquentaient le plus souvent les bestiaux. Tant que le sort restait en place, ettant que celui qui l'avait placé vivait, la mortalité ne cessait pas.
Quelques-uns de ces bergers furent pris : on
instruisit leur procès; ils avouèrent qu'ilsavaient jeté des sorts sur les bestiaux du fermier de la
terre de Paci; ils firent le récit exact de la composition de ces sorts ; mais aucun d'eux ne vou-
lut déclarer l’endroit où ils étaient enterrés. Leur obstination à garder le silence sur ce dernier article, rendit le juge plus curieux d’en savoir la cause. Ils dirent que s'ils découvraient : ce lieu, et qu’on levât le sort, celui qui l'avait placé mourrait à l'instant.
Un de leurs complices, : nommé Étienne Hocque , était à la chaîne dans la prison de la Tournelle, Pour savoir de lui où était placé le sort, On gagna un autre forçat, nommé Beatrix : Celui-ci, bien payé, fit un jour boire Hocque, et l'enivra. Les buveurs aiment à faire des confidences. Hocque n'eut pas de peine à avouer à son camarade qu'il n’y avait qu'un nommé Bras-de-F'er, berger, habitant aux environs de Sens, qui püt.léver ce sort par les conjurations qu'il savait pour cela. Béatrix, encouragé par cet aveu, détermina Hocque à écrire une lettre à son fils Nicolas Hocque, par laquelle il lui mandaiït d'aller trouver Bras-de-Fer, pour le prier de lever ce sort : par cette même lettre, il recommandait à son fils de ne pas dire à Bras-de-Fer qu'il était en prison, et que c'était lui, Hocque, qui avait placé ce sort.
Le lendemain, après la lettre écrite, Hoc-