‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 165 sur 219 · CHAPITRE LXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXVII

populaire, appelée Bergamasque. À ces sons profanes et inattendus, des spectateurs peu

dévots éclatèrent de rire ; les chastes épouses

du Seigneur, effarouchées , coururent en désordre, et se réfugièrent dans leur nouvelle église. Le docteur qui les conduisait, furieux de ce contre-temps, augmentait, par sa colère , les ris du peuple ; enfin, honteux d’être un objet de ridicule, il suivit ces colombes effrayées. Malgré cet événement désastreux, ce docteur Duval n'oublia rien de ce qu'il devait faire; à peine fut-il arrivé à l'église, qu'il se mit à entonner le Te Deum laudamus".

1 L'Éstoile, qui rapporte cette petite aventure, en jelte tout le ridicule sur le docteur Duval : il l’appelle en cette occasion Loup-garou, et dit qu’il en avait alors toute la ressemblance. Ce docteur de Sorbonne signala sa fureur et son ignorance à l’occasion d’une prétendue démoniaque chez laquelle les médecins de Paris , plus raisonnables alors que tous les sorbonistes, ne trouvèrent rien de surnaturel : il n’y avait, en effet, de diabolique dans cette affaire, que la fourberie de ceux qui conduisaient et exorcisaient cette fille malade et crédule. C’est pourquoi le parlement de Paris ordonna qu’elle serait mise entre les mains du lieutenant-criminel, et que les exorcismes seraient interrompus. Alors le docteur Duval prêcha séditieusement à Saint-Benoît, contre cet arrêt du parlement, disant qu’il privait les infidèles et les hérétiques du mira-

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