RUSES PIEUSES
Vers la fin du mois de mai de l’an 1603, une longue sécheresse détermina les Parisiens à faire descendre la châsse de sainte Geneviève pour obtenir de la pluie : on choisit fort à propos la veille du jour où la lune, changeant de quartier, devait produire un changement dans la température, afin que le miracle s'opérât plus sûrement. Cependant, ni la châsse de la patrone de Paris ni la lune ne furent propices aux vœux des Parisiens; la pluie si désirée n’arriva point ; le ciel indocile demeura serein et sans apparence de nuages. Dans le même temps, les chanoines de Sainte-Geneviève , pour suppléer à ce miracle manqué, tâchèrent d'en opérer un autre.
cle que les exorcismes faits par des prêtres catholiques opèrent ordinairement. Duval fut assigné à comparaître devant le parlement : il avoua, en présence du procureurgénéral, qu’il avait mal à propos avancé cette proposi-
lion.
« On suborna, dit l’historien l’Éstoile 7, un pauvre homme condamné aux galères ; il était enchaîné comme les autres ; on lui Ôta les fers des pieds, à la charge qu’il dirait partout(comme il fit), qu’en invoquant madame sainte Geneviève ils lui étaient tombés des pieds ; mais la fourberie, découverte par l’aveu du galérien, devint un sujet de risée. On voulait, dit l'Éstoile, faire un miracle d’une chose qui est tout ordinaire et naturelle, et à laquelle madame sainte Geneviève n'avait pensé. »
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