CHAPITRE LXXX
fides entretenaient ce feu en silence, en attendant instant favorable de produire uné fatale explosion.
Nous allons tracer exactement les détails des attentats nombreux projetés ou exécutés sur la personne d’un prince si cher aux Français.
On peut mettre au rang des projets meurtriers contre la vie de Henri IV, celui de Catherine de Médicis , qui n’attira ce prince à la cour de France , qui ne lui donna la princesse sa fille en mariage, que pour le comprendre dans le massacre projeté de la Saint-Barthélemi. Les fêtes de cette noce furent suivies du carnage le plus affreux, le plus perfide ; la rivière et les rues de Paris étaient teintes de sang; cette ville ne contenait guère d'habitans qui ne fussent où assassins Ou assassinés. Henri, qu’on voulait conduire de l’hymen à la mort, échappa aux meurtriers par sa présence d'esprit, par üné contenance ferme qui les intimida, et fit avorter leurs complots.
Premier attentat.
Ce que Catherine de Médicis, et ses complices, ne purent exécuter en 1572, un jeune homme nommé Pierre Barrière, le tenta en 1903 : ce fanatique, séduit par les exhortations
d'un prêtre, d’un capucin et d’un carme de la ville de Lyon, forma la résolution d’assassiner Henri IV. Il vint à Paris, et communiqua son projet à Aubri, curé de Saint-André-des-Arcs, à son vicaire, et au jésuite F’arade, qui tous l'encouragèrent à l’exécuter. De Paris, il fut à Melun, où était alors le roi; mais un gentilhomme découvrit le dessein du scélérat : il fut arrêté, et l’on trouva sur lui un couteau d’un pied de long, tranchant des deux côtés et fraichement émoulu.
Lorsque Henri IV se fut rendu maître de Paris, pour premier acte d'autorité il se contenta de faire sortir de ceite ville ses plus furieux ennemis, et il pardonna à tous les autres. Jacques Cœuilly, curé de Saint-Germainl’Auxerrois, dont les sermons séditieux et semés d’injures grossières contre le roi, méritaient une sévère punition, fut au nombre de ceux qui éprouvèrent les effets de sa clémence : toutes ses injures furent oubliées, mais il se rendit bientôt coupable du crime dont le roi venait de le pardonner. Le 25 mars 1594, il s'avisa de prêcher séditieusement contre Henri IV. Cette
audace le conduisit dans la prison du For-l'Evé-
que : ce furieux s'obstina dans son interrôgatoire à soutenir que Henri IV était excommu-