‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 171 sur 219 · CHAPITRE LXXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXX

nié. Malgré ce criminel entêtement, le roi lui accorda sa liberté.

Deuxième attentat.

Une conduite aussi blamable dans des hommes qui, par état, commandent à l'opinion du peuple, dut exciter des âmes inquiètes et crédules à se porter à des excès dangereux : aussi le même jour que fut prononcé ce sermon séditieux, trois jours seulement après que Henri IV fut entré vainqueur dans Paris, un tonnelier qui demeurait rue de l'Hirondelle, déjà accusé de meurtre, et d’avoir tué la femme de l’horloger du roi, fut découvert s’insinuant dans l’hôtel de Nemours où était le roi, et portant sous son manteau un poignard, dans le dessein d’assassiner Sa Majesté, comme il l’avoua d’abord. Cependant Henri IV ne voulut point qu'il fût puni pour cette intention, mais seulement pour ses crimes précédens.

Comme le roi continuait de pardonner et de combler de biens ses plus violens ennemis, on lui remontra que sa trop grande clémence offensait ses fidèles serviteurs ; il répondit : Si vous, et tous Ceux qui tenez ce langage, disiez tous les jours votre patenostre de bon cœur, vous ne diriez pas ce que vous dites. Dieu étend sur

mot toute sa nuséricorde, encore que j'en suis indigne ; ei comme tt me pardonne , aussi veux-je pardonner; et en oubliant les fautes de mon peuple, être encore plus clément et miséricordieux envers lui que je l'ai été. S'il y en a qui se sont oubliés, il me suffit qu'ils se reconnaissent, et qu’on ne m'en parle plus.

On va voir quels fruits produisirent la clémence et les sentimens vertueux et modérés de ce roi sur l'esprit des fanatiques et des

moines.

Troisième attentat.

Le 11 juin suivant (1594), on découvrit une conspiration contre le roi, formée par le gardien des cordeliers, et autres complices qui furent pris et mis en prison.

Le mois suivant, un cordelier du pays de Gätinais prêcha publiquement que le roi ressemblait aux huppes , qui faisaient leur nid avec des excrémens.

Le $ août suivant, un cordelier s’adressa à une marchande de tableaux du palais pour lui demander à voir un portrait du roi. Après

qu'il en eut examiné un, il lui demanda si elle

n’en avait pas un plus beau. La marchande lui répondit que non. Je le crois, répliqua le cordelier, car un vilain comme lui ne peut être plus

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