‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 210 sur 219 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

titèrement livrées au désordre, elles y continuaient par goût, ce qu'elles avaient d’abord éprouvé par force. C'est ce qui arrivait da as la plupart des couvens de filles, lorsqu’après les troubles des règnes de Charles VI et de Charles VIT, on les soumit à des réformes dont ils avaient grand besoin. À

Les guerres de la ligue introduisirent le relîchement dans les communautés de filles. Plusieurs abbayes de France furent en proie aux galanteries des guerriers ligueurs ou royalistes. Les amours de l’abbesse de Sarntes avec! l’évéque de la même ville, et celles des religieuses de la même maison avec les militaires dutemps, donnèrent de la célébrité à l'abbaye ". Les couvens de /a T'rinité de Poitiers, de F'illemur en Albigeois, et celui du Lys *, etc., eurent aussi

‘ On croit que cette abbesse était Françoise de la Rochefoucauld, et l’évêque, Nicolas le Cornu, qui fut nommé à l'évêché de Saintes, en 1576.

*On appela cette abbaye du Lys, vrai séntinaire des Enfans- Rouges. Elle est située proche les bords de la Seine, presque en face de Melun. Catherine de la Trémouille en était alors abbesse, On raconte que Henri IV lui demanda le nombre des religieuses et celui de leurs directeurs. Par sa réponse il se trouva que le nombre des directeurs était moindre que celui des religieuses ; le

une semblable réputation. Les monastères des environs de Paris, pendant que Henri LV tenait la willé assiégée, furent encore plus exposés. Les abbayes de Maubuisson *, de Longchamp , de Montmartre *, de Saint-Antoine-des-Champs,

roi en parut surpris. — Wotre étonnement, Wire, est assez juste, dit l’abbesse fort ingénument; mais Fotre Majesté ne fait pas réfleæion qu’il faut bien quelques, religieuses pour les survenans; que féraient-ils, së chacune avait le sien ?

1 L’abbesse de Maubuisson était alors Angélique d’'Es- trées, sœur aînée de Gabrielle d'Estrées qui fut maitresse de Henri IV. Pendant tout le temps du siége de Paris, la cornette du roi logea dans cette abbaye. D’Aubigné dit que pendant le siège de Pontoise, il y demeura huit religieuses que la v..... retenait, et cinq qui étaient en couches. Sauval raconte lamême chose.

2 Lorsque Henri IV fit le siége de Paris, il se campa sur la montagne de Montmartre. Quelques religieuses se réfugièrent à Paris, et y oublièrent leur règle et leur devoir. Celles qui restèrent accueillirent si bien le roi et ses officiers, qu’on appelait cette abbäye le Magasin des engins de l’armée, où V Académie des p....… de l’armée. Henri IV lappelait son monastère, et disait qu’il en avait été religieux. Il y devint amoureux d’une jeune sœur, nommée Marie de Beauvilliers qu’il conduisit à Senlis, l’avouant publiquement pour sa maîtresse ; mais ce roi, frappé des charmes de Gabrielle d’Estrées, oulblia bientôt la jeune religieuse, qui, se voyant délaissée, re-

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