CHAPITRE XIV
que le pape Innocent II adresse, en 1205, à l'abbé et au couvent de Saint-Denis, près Paris.
«llest, dit-il, dans votre ville, des prêtres » qui, abusant du privilége clérical , parcourent » les rues pendant la nuit, se portent vers les » maisons habitées par des femmes publiques, »en enfoncent les portes, s’y précipitent avec » violence, et se permettent les mêmes excès » envers les filles des bourgeois, ce qüi fait naivtre des querelles et des séditions. Le prévôt et » les justiciers, respectant les libertés de l’ordre » clérical, n’osent point mettre la main sur eux; »et si vous, mon fils abbé, voulez arrêter ces » désordres, aussitôt les coupables ont recours » à l'appel, et en invoquant notre autorité, ils
» déclinent votrejurisdiction, échappent au chà-
»timent canonique , et continuent avec audace » à se livrer à leurs habitudes déréglées. » Le pape autorise l’abbé de Saint-Denis à exercer contre ces prêtres libertins la censure ecclésiastique, sans avoir égard à leur appel. (Voyez Innocenti Papæ III epistol. editoribus Brequigny et Laporte Dutheil, p. 1091.)