‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 33 sur 219 · FILLES PÉNITENTES · texte numérisé non relu

FILLES PÉNITENTES

Charles VIII, par lettres du 14 septembre 1/96, confirma cet établissement, qui fut en

dernier lieu transféré au monastère de Saint- Magloire, rue Saint-Denis.

Les filles, pour étre admises dans ce couvent, étaient tenues de faire des preuves suffisantes deleur libertinage, d'affirmer par serment prêté sur les saints évangiles , en présence du confesseur et de six personnes, qu’elles avaient mené une vie dissolue. On était fort rigide sur cette preuve. Il arrivait que des filles se prostituaient exprès pour avoir droit d'entrer dans cette communauté. Lorsque ce fait était reconnu, on les chassait honteusement de la maison.

Ïl arrivait aussi que des filles, à la suggestion de leurs parens qui voulaient s'en débarrasser, se présentaient en protestant et jurant qu'elles avaient vécu dans la débauche, tandis qu'elles

CHAPITRE XX. y étaient encore vierges. Cette singulière tromperie détermina les religieuses à vérifier le fait et à ne point s’en rapporter au serment des aspirantes. Toutes les fillës, alors en présence des mères, sous-mères et discrètes, et par des matrônes normmées exprès, furent soumises à une scrupuleuse visite.

« Vous savez, porte un article du réglement, »qu'aucunes sont venues à vous qui étaient » vierges, ét bonnes pucelles, et telles ont été » par vous trouvées, combien qu'à la suggestion »de leur père et mère, qui ne demandaient »qu'à s’en défaire, elles eussent affirmé être » COITOMpUES. »

Ainsi, après la visite, si la postulante était trouvée vierge, on la renvoyait comme indigne d'entrer dans ce couvent.

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