‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 40 sur 219 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

velle religion, mais dont le fond était le méme ‘.

Dans les saturnales, les esclaves prenaient à table la place de leurs maîtres, leur reprochaïent les défauts ou les vices qu'ils avaient remarqués en eux, et s'occupaient à chanter, à boire, et à faire des folies. Dans les fêtes que les chrétiens mirent à la place des saturnales , les jeunes clercs et les ministres subalternes des églises cathédrales, prenaient dans le chœur la place des chanoïnes et des dignigaires, se revêtissaient de titres et d'habits des supérieurs, officiaient publiquement avec solennité, et méêlaient à ces cérémonies religieuses, des folies et des indécences incroyables.

La fête des Fous, la fête de l’Ane, celles des Innocens, de l'Abbé des Cornards, des Sous-dia-

Ce qui confirme cette opinion, c’est qu'Hérodien témoigne que de son temps, c’est-à-dire, dans le troisième siècle du christianisme, les calendes de janvier étaient solennisées à Rome, avec les cérémonies et les réjouissances des saturnales. Ces fêtes s’établirent avec beaucoup de succès chez les chrétiens grecs ; dans le dixième siècle, elles furent introduites à Constantinople par le patriarche. Toutes les nations de l’Europe en furent bientôt infectées. La raison ne fait point de progrès si rapides.

cres, etc., furent les differens noms donnés à ces fêtes, suivant les différens temps et lieux où elles étaient célébrées ',

À Paris, dans l’église de Notre-Dame, c'était un ancien usage de célébrer la fête des Sousdiacres ou des Diacres souls, ivres : cette fête, qui était aussi appelée la fête des Fous, commençait au jour de Noël, et se continuait jusqu’à celui des rois. C'était surtout au premier jour de l'an

que la cérémonie avait le plus d'éclat.

On s’occupait d’abord à élire, parmi les sous-

diacres de la cathédrale, un évêque, un archevêque, même un pape des fous ; l'élu était sacré, et cette cérémonie consistait en des bouffonneyies ridicules. On portait devant lui la imitre , la crosse.et la croix archiépiscopale, ensuite on lui faisait donner solennellement sa bénédiction au peuple. | L'heure de la célébration arrivée, le clergé allait honorablement chercher l’évêque des fous, le conduisait à l’église, et son entrée était an-

: À Évreux, oncélébrait la fête de |” 4 bbé des Cornards; à Rouen, la fête de l’Ane; à Dijon, celle de {a Mère folle. Le Prince des Sots, des Enfans sans Souci; le Roi de la Basoche; l'Abbé des Foux, l'Abbé de la Malgouverne, etc., étaient les principaux personnages de ces

farces exécutces dans différentes villes de France.

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