CHAPITRE XXXIIL PORTEURS DE RELIQUES
En 1464, on promenait dans les rues de Paris des reliques apportées par des étrangers qui levaient une imposition sur les dévots en leur vendant des pardons.
Les uns apportèrent le prépuce de Notre-Seigneur, et vendirent en même temps des lettres par lesquelles le pape accordait à ceux qui les achetaient, l’absolution des péchés à l'heure de la mort, pourvu toutefois qu'ils fussent bien
confessés et repentans.
Ces lettres étaient fort chères. Les riches les payaient 40 sous , les gens de médiocre fortune 32 ou 20 sous, et les pauvres à proportion.
Ces porteurs du prépuce de Notre-Seigneur, disaient que l’évêque de Paris leur avait donné la permission de distribuer ces lettres dans l’étendue de son diocèse, afin que l’argent produit par cette vente fût employé à faire reconstruire l’église de Notre-Dame de Coulombs”, qui avait êté détruite par les guerres.
Quand un nombre suflisant de ces lettres fut débité, et que les vendeurs de pardons curent emporté le saint prépuce et l'argent des dévots Parisiens , l’évêque fit publier dans toutes ies paroisses de la ville, que tous ceux qui avaient acheté des lettres, à l’occasion du saint prépuce, eussent à les porter chez lui, sous peine d’excommunication.
Gette ordonnance causa beaucoup d’inquiétude aux Parisiens; ils craignaient d'un côté de perdre l’absolution promise par les lettres ; de
* Les moines de Coulombs conservaient encore ce saint prépuce qui, par malheur pour son authenticité, n’est pas le seul. Dans l’abbaye de Charroux , diocèse de Poitiers, et à Hildesheim, en Allemagne, en plusieurs autres
lieux sont encore des prépuces qu’on révère comme une relique de Notre-Seigneur. Ê