ENTRÉE DES TROUPES DU ROÏI CHARLES VII À PARIS
Le parti des Armagnacs, qui était celui de Charles VIT, était en horreur aux Parisiens ; ils préféraient depuis long-temps à ce prince , les Bourguignons et les Anglais ; mais la domination de ces derniers commençait à leur devenir insupportable, surtout depuis que trois évêques se mélaient du gouvernement : l’évêque de Lisieux, celui de Paris, et celui de Térouane, qui était chancelier de France pour le roi d’Angleterre. La cruauté et les vexations de ces prélats les rendaient odieux au peuple dont les moindres murmures étaient sévèrement punis. Quelques-uns commencèrent à désirer de se soumettre à leur légitime souverain. Le comte de
Richemond, instruit des dispositions des Parisiens , se ménagea des intelligences parmi quelques-uns, et se présenta le 3 avril 1436, avec
les troupes de Charles VII, à la porte Saint- Jacques.
Ceux qui gardaient cette porte, effrayés des menaces et de la multitude de troupes qu'ils aperçurent au-delà des murs, consentirent à les laisser entrer dans la ville ; mais ne pouvant leur ouvrir la porte, parce que les clefs étaient entre les mains de l’évêque de Térouane, ils
descendirent une grande échelle par laquelle le
seigneur de l'Isle-Adam monta le premier sur le mur, et planta au-dessus de la porte la bannière de France, en criant Ville gagnée!
Les habitans de Paris, apprenant cette nouvelle , oublièrent leur animosité contre le parti de Charles VIT; ils se rangèrent de son côté, s’armèrent contre leurs tyrans, et prirent aussitôt la croix blanche de Saint-André pour se distinguer des Anglais.
L'évêque de Térouane , le prévôt et Le capitaine de Parisse mirent promptement à la tête des troupes anglaises. Les Parisiens s’assemblèrent en même temps , au nombre de quatre mille pour garder la porte Saint-Denis : ils étaient commandés par Michel Lalier ’ qui avait
On le récompensa en lui donnant la charge de prévôt des marchands.