‹ Sir Charles BellChapitre 7 sur 15 · III. — Pagi · texte numérisé non relu

III. — Pagi

« La physiologie conjectarale^ etc. »

C'est bien ici le cas de constater qne Barthez avait admis dans sa doctrine physiologique la distinction des nerfs de la sensibilité et des nerfs du mouvement; mais comme de son temps cette distinction n'était qu'une probabilité sans la démonstration anatomique, il en faisait une des propriétés de son principe vital, une loi de l'action nerveuse. Il lui répugnait d'y chercher une cause purement mécanique, et il préférait rhypothèse du nerf doué d*une double nature (celle de la force sensitive et celle de la force motrice), ne se doutant nullement que cette double nature existait matériellement par la double racine des nerfs rachidiens. Barthez, esprit subtil autant que profond, opposait volontiers conjecture à conjecture, comme lorsqu'il essaya d'expliquer le phénomène des paralysies croisées en douant le cerveau d*un mouvement tonique permanent, modéré dans Tétat naturel et susceptible de s'exalter jusqu'aux contractions du spasme. — On a eu tort d'attribuer ces hypothèses et d'autres aux doctrines vitalistes de Técole de Montpellier où Barthez, admiré par son génie, n'exerça guère plus d'in-

fluence (jue M. Baumes n'en a exercé après lui. Le champ des hypothèses n'était pas moins vaste et libre dans l'école de Paris, et Bichat en mêla quelques-unes aux découvertes de son expérimentation. Barthez luimême se rendrait aujourd'hui à Tévidence anatomique*.

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Erratum et complément du texte.

Pour compléter sa démonstration, après avoir rappelé que ses propres expériences, d'accord avec les faits recueillis par les pathologistes, lui eurent bientôt prouvé que ces nerfs, en apparence irrégulièrement divergents, combinaient dans un effort simultané les narines, la gorge, la luette et le voile du palais, le larynx, le diaphragme et les muscles externes de la respiration, Charles Bell ne négligeait pas d'ajouter

1 (( On a supposé des uerfs qui sentent et d'autres qui donnent le mouvement pour expliquer Texistencc de i*anésthésie sans paralysie et de la paralysie sans anésthésie. Barthez préfère à ces inventions renoncé pur et simple du fait comme exprimant une loi de Faction nerveuse. » Lordat, Eooposition de la doctrine médicale de Barthez, p. 211.

qiren divisant h partie dura ée h septikiM paire «, la narine deveoaU sUiioonaire ; en dimaat le neif pharyngien, le voile du paUifi ae rebaissait ; ei dWisanile nerf laryngien» la glatte cessait de fonctioaiier dais Tinspiratiou ; en divisant le nerf pliréiiicpie, le diaphragme s'arrêtait; en divisant Taccessoire spintl^le mastoïde cessait de soulever l'épaule; enfin, en blessant le côté de la moelle allongée d'où dérivaient ces nerfs, l'acte entier de la respiration cessait et l'animal expirait.

m. — Page i25.

a Une réminiscence d'une idée de John Hunter, etc. d

« Au moment d'imprimer les dernières feuilles de ces mémoires, j'ai pris Touvrage de M. Hunter sur

* Je prie le lecteur de m'épargner ici un erratum ea substituant dans le texte le nerf facial à la dure-mère. Le 'nerf facial ou la portio dura des anatomistes anglais est appelé aussi nerf respiratoire des muscles de la face. Sortant de la moelle allongée par une seule racine, ce nerf, dit Charles Bell dans une note de son second mémoire^ a une origioe qui le met en double relation avec la colonne du mouvement vo« lontaireet avec Torigine commune des nerfs respiratoires.

YEcatwmie mimale, pour le cotisuUer sur la distri-^ bfliion des nerfs vers le nez, et je suis aussi surpris du passage suivant que si je ne Teusse jamais lu. Or, ce même ouvrage fut'ma première acquisition d^étudiâut en médecine. Je crois pouvoir y faire remonter le cours de mes réflexions, quoique, pendant mes travaux subséquents, l'obligation que j'avais à M. Hunter ne ûïe soit jamais venue à l'esprit, ayant plus souvent consulté les planches anatomiques de Monro, certain qu'il y avait à découvrir un arrangement qui expliquerait Tapparente confusion du système nerveux. Je suis heureux de tomber si à propos sur ce passage et d'appuyer quelques-unes de mes opinions sur une pareille autorité. Après avoir recommandé une investigation mitiutieuse des ramifications des nerfs, de leur origine, de leur union et réunion , si on veut en mieux comprendre les fonctions, M. Hunter ajoute : « Je ne doute pas, si leur physiologie était suffisamment connue, que nous trouverions la distribution et la complication des nerfs si immédiatement liées avec leurs usages particuliers, qu'il serait facile d'expliquer enfin plusieurs de ces phénomènes dont on n'a pu encore se rendre compte. Ce qui me le fait croire naturellement, c'est de voir les origines et le nombre des nerfs constamment les mêmes, et des nerfs particuliers invaria-

blement destinés h des fondions particulières. La quatrième et la sixième paire en sont des exemples remarquables : nous pouvons rationnellement conclure que chaque organe a sa branche particulière à lui assignée, et que quelque compliquée que soit leur distribution, cette complication est toujours régulière. Il est quelques nerfs qui ont un trajet spécial, comme les récurrents et les nerfs du tympan, d'autres qui sont appropriés à des sensations particulières, comme ceux qui vont à quatre des organes des sens, — la voix, Touïe, l'odorat, le goût. Enfin, quelques parties du corps ayant des sensations particulières (comme l'estomac et le pénis) , nous pouvons bien , je pense, y comprendre le cinquième sens, le sens du toucher. Cette uniformité de trajet, de connexion et de distribution nous conduira à supposer qu'il peut bien y avoir autre chose qu'un simple arrangement mécanique, car les variations qu'on a décrites dans les dissections des nerfs pourraient bien provenir de la méprise de Vanatomiste plutôt que d'aucune irrégularité dans leur nombre, leur ramification, leur trajet, leur distribution ou leur connexion les uns avec les autres.... »

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