‹ Sir Charles BellChapitre 8 sur 15 · III. — Page · texte numérisé non relu

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Mon cadre excluant nécessairement la mention d'une foule de recherches nouvelles sur le système nerveux» dont la découverte de Charles Bell est le vrai point de départ et dans lesquelles les médecins allemands se sont distingués, j'ai éludé de parler des deux substances dont se compose la matière encéphalique, des expériences galvaniques sur la sensibilité nerveuse, de Taction des divers poisons, entre autres du curare, et, enfin, des rapports entre Télectricilé et le double courant de la force nerveuse, le nerf ayant été considéré comme un câble électrique. — (Voir, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, la note intitulée : Sur la vitesse de propagation de ragent nerveux dans les nerfs rachidiens.) Grâce h un appareil galvanique très-délicat, M. Helmholtz a pu calculer le temps nécessaire pour la transmission de la force nerveuse d*un muscle de la grenouille à un autre muscle : dans une longueur de 50 à 60 millimètres, la moyenne serait, d'après ces expériences minutieuses dignes des savants de Laputa, de 0,0014 à 0,0020 de seconde ! —Voir aussi les expériences de M. Dubois-Reymond^ de Berlin.

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c La seDsibiUté récurrente^ etc. »

Si la sensibilité récurrefite n'avait été qa'uue illasion, ce phénomène ne sefait pas le texte d'une dis^ cussion sérieuse dans les leçons et les ouvrages de professeurs tels que MM. Flourens et Claude Bernard. Dans ses deux volumes sur la Physiologie et la patholo^ gie du système nerveux, Paris, 1858, ce dernier physiologiste examine encore avec une attention toute spéciale les propriétés distinctes des racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens. Selon lui, si en opérant sur ces nerfs on ne trouve pas toujours les racines antérieures sensibles, cela tient à ce que la douleur et la fatigue de l'opération peuvent avoir épuisé en quelque sorte toute la sensibilité médiate et immédiate; aussitôt après l'ouverture du rachis, il faut laisser reposer les animaux pour qu'ils se remettent du trouble général produit par la dénudation de la moelle. M. Brown-Séquard, qui a fait tant d'expériences sur les nerfs rachidiens, critique seulement dans ses dernières leçons Texpression trouvée par M. Magendie et acceptée par MM. Flourens et Bernard. <( Le nom de sensibiUté récurrente est ùnpropre,

dit-iU parce que la sensibilité est une propriété vitale qui ne peut courir d'une place k une autre, et par conséquent ne peut être récurrente. C'est la cause, quelle qu'elle soit, ou la sensation pénible qui est récurrente, et non pas la sensibilité. » {Course of lectures on the central nervous System, by L. Brown-Sequard.) — Voir, dans The Lancet du 2 juillet, la première leçon intitulée : Vérité de la théorie de sir Charles Bell, relativement à Vexistence de deux branches distinctes des conducteurs nerveux, le sensitif et le moteur. La part de M. Brown-Séquard dans les découvertes de la physiologie expérimentale est certes très-belle- C'est à lui surtout qu'on doit des expériences précieuses sur l'entre-croisement des paires nerveuses et la définition exacte des fonctions distinctives attribuées aux colonnes antérieure et postérieure de la moelle épinière et de leur connexion avec les phénomènes du mouvement et de la sensibilité. La pathologie et la physiologie se prêtent un mutuel secours dans les recherches de ce docte médecin physiologiste.

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(' Le davier des nerfs et le télégraphe transatlantique. »

La presse américaine, qui parle volontiers par figures et métaphores, vient de puiser dans le vocabulaire de Tanatomie et de la physiologie du système nerveux pour exprimer réchange rapide de pensées que la pose du câble transatlantique procure aux deux mondes. Un journal de New-York, h la date du 10 août, écrit : « Le monde est complet^ sa corde épinière est posée et il commence à penser. Un nerf vivant a été déroulé du cœur anglo-saxon et attaché en nœud d'amour entre le vieux et le nouveau monde. » Le journaliste américain place le siège de Tintelligenee dans la moelle épinière, et il fait partir du cœur un nerf de transmission qui n'existait peut-être pas avant le télégraphe électrique Puisse celui-ci ne transmettre

désormais d'un monde à l'autre que des pensées cordiales, des sentiments de bienveillance et des communications scientifiques et littéraires !

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(( Le docteur Marshall-Hall et les actions réflexes, etc. »

Sir Henry HoUand proclame hautement, dans un chapitre spécial sur le système nerveux, que la conséquence la plus importante peut-être de la découverte des fonctions distinctes des nerfs est la détermination de ces sympathies ou actions réflexes entre les nerfs de sentiment et les nerfs du mouvement qui ont lieu directement à travers la moelle épinière sans Tintervention du cerveau. Gomme je le dis dans le texte, c'est au docteur Marshall-Hall que la physiologie doit surtout ce développement du système de Charles Bell, car ses applications à la pathologie ont jeté un jour tout nouveau sur des affections morbides du système nerveux jusqu'alors imparfaitement comprises et souvent très-mal définies, quant à leur cause et à leurs progrès *.

La langue philosophique doit à Charles Bell d'avoir écarté certaines définitions qui donnaient les plus

* Chapters on mental physiology, 2« édil., p. 277.

fausses idées de l'organisation humaine. Uarlley ne dirait plus que la pensée est une vibration des fibres du cerveau , ni Hooke qu'il y a dans le cerveau une matière destinée k recevoir les impressions du sou qu'on peut comparer aux cloches et aux vases placés, selon Vitruve, dans les théâtres des anciens. —Le même Hooke prétendait que la pensée est un rayonnement de Tâme d'une partie du cerveau à l'autre, etc. — (Psychological Enquiries, by sir B. Brodie.)

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