PREFACE DE [/AUTEUR XIX
Canadiens de langue anglaise la mentalité et les particularités de race des Canadiens-Français. Ainsi que Cartier Fa sagement fait observer dans son discours sur la Confédération, l'idée d'une fusion des races, dont certaines gens persistent à se faire les promoteurs, est tellement absurde qu'elle appartient au domaine de l'impossible. La mentalité et les particularités de race des Canadiens de langue française et anglaise doivent être respectées, et ce qu'il importe de chercher c'est une base commune sur laquelle devront reposer l'entente et Funion si vivement désirées. John A. Macdonald a exprimé le véritable idéal lorsqu'il déclara que la confédération n'était rien autre chose qu'une association entre les deux grandes races au Canada.
La coopération cordiale et harmonieuse entre Canadiens de langue française et anglaise a été l'idéal dont tous nos grands hommes d'Etat se sont faits sucessivemcent les interprètes, entre autres La Fontaine, Baldwin, Cartier, Macdonald, et de nos jours sir Wilfrid Laurier. En réalité, ce fut l'un des principaux titres de gloire de sir Wilfrid Laurier, sinon même celui dont il peut le plus justement s'enorgueillir, que durant sa longue et si distinguée carrière publique, il n'a jamais cessé de redoubler d'instances auprès de tous les Canadiens pour leur faire saisir l'importance de l'union nationale et de la concorde entre les diverses races du Dominion. Et avec la clairvoyance d'un grand homme d'Etat, sir Lomer Gouin qui est aussi l'héritier des principes libéraux de l'école Cartier-Macdonald, dans le grand discours prononcé lors du banquet de la Bonne Entente à Toronto, — discours qui a fait de lui l'une de nos grandes figures nationales aussi bien que provinciales — a appuyé sur la nécessité et l'importance pour les Canadiens de langue française et anglaise, tout en gardant intacte leur identité de race respective, de se comprendre et de s'apprécier les uns les autres, afin de contribucer au bien-être et à la prospérité de tout le Dominion.
En ayant en vue ces déclarations de nos principaux hommes canadiens-français, comment peut-on en toute justice soutenir que les Canadiens-Français ne sont pas bien disposés pour réaliser l'entente si vivement désirée ? Mais encore faut-il qu'il y ait deux parties à une entente, et la justice doit être le guide de ces deux parties avant qu'un accord puisse être réalisé. L'alliance entre La Fontaine et Baldwin, et celle encore plus récente, élevée entre Cartier et Macdonald, et toutes deux basées non pas sur l'abandon de leurs principes respectifs mais sur une entente mutuelle pour mieux réaliser l'idéal national, offrent l'exemple type de l'union qui devrait exister entre tous les Canadiens de langue française et anglaise.
La base sur laquelle doit reposer l'entente entre Canadiens