‹ Sir George Étienne Cartier, baronnetChapitre 7 sur 66 · XVIII PREFACE DE L AUTEUR · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE DE L AUTEUR

qui, ignorant à la fois l'histoire de notre pays, les conditions où se trouve le peuple canadien-français, et les principes du vrai libéralisme et de la vraie tolérance, sont directement responsables de l'hostilité qui a été soulevée entre les deux grandes races du Canada. Tous ceux qui ont travaillé à réaliser parmi nous la concorde entre les races et l'unité nationale auraient vraiment lieu de se décourager et de s'attrister quand ils voient les efforts de tous ces intraitables menacer de détruire l'œuvre et l'idéal de Maedonald et Cartier et des autres fondateurs du Dominion. Il y aurait même lieu de presque désespérer de son pays. Mais il ne faut jamais désespérer. La vérité est toute-puissante et finit toujours par prévaloir. Le temps, j'en suis convaincu, n'est pas très éloigné où la grande masse des Canadiens de langue anglaise, éclairés par l'histoire et -par les faits, reconnaîtront que les Canadiens-Français, les plus essentiellement Canadiens de tous les Canadiens, sont par leur dévouement au Canada et leur patriotisme ardent les plus sûrs dépositaires de l'idéal national caressé par les Pères de la Confédération et que sous ce rapport ils offrent un exemple qui pourrait être suivi avec profit par tous les Canadiens.

Ce qui est certain, c'est que si l'œuvre de George-Etienne Cartier et des autres fondateurs du Dominion doit avoir un caractère permanent, il faut de toute nécessité qu'il y ait au plus tôt une entente durable entre tous les hommes de bonne volonté parmi les deux grandes races du Dominion et que les fanatiques et les extrémistes soient rélégués dans l'oubli. Une semblable entente devrait pouvoir se faire facilement, pour peu qu'on témoigne d'un bon esprit en ce sens. Aucun Canadien de langue anglaise qui traite les Canadiens-Français comme compatriotes et qui respecte toujours leurs droits et leurs sentiments, ainsi qu'il s'attend à voir respecter ses propres droits et sentiments, n'aura jamais aucune raison, comme je puis en faire foi personnellement, de se plaindre de voir sa bonne foi tournée en dédain. De leur côté, les Canadiens-Français ne doivent pas oublier que, bien qu'on leur témoigne de l'hostilité en certains quartiers, il y a un nombre très considérable de Canadiens de langue anglaise qui ressentent vivement avec eux les attaques dont les Canadiens-Français sont l'objet, qui reconnaissent pleinement tout ce qui a été fait par les Canadiens-Français pour le développement et l'édification du pays, et qui sont prêts à leur rendre entière justice.

Vouloir imposer aux Canadiens-Français la mentalité et les particularités de race des Canadiens de langue anglaise est chose aussi futile et absurde que le serait celle d'imposer aux

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