‹ Sir Georges-Etienne Cartier [microforme]Chapitre 3 sur 3 · LÉ · texte numérisé non relu

LÉ

PR

dément gravées dans notre mé.

moire, car olles forment les pages ls plus éloquentes de l'histoire de ces jours mémorables.

Georger-Etienne Carticr donna toujours un fermo et loyal npyui aux ministères Baifontaine Baldwin, Hineks-Morin, MeNab-Morin. Des offres réitérées lui furent fuites, du portefeuille de Solliciteur gene,ul, duns ce dernier cabinet, mais il ro.

fusa cat honneur, préfernnt demeurer encore quelques unnées simplo soldut dans la phalango conserva trive et se preparer davantage à ro:

cueillir la succession politique de ces hommes illustres.

Le 27 juin 1855, il devenait l'un des membres du ministére MeNub Tache. Ses premiers soins furent destinés à l'éducation populaire, et il pré-enta doux projets de loi pour voyant, entre autres choses, à la creution d’un conseil de l'instruction pubiique, à lu fondation d'un jour.

nul de l'instruetion publique et à l'établisssment d'écoles normales, En 1857, etait inauguré, à Quebec, l'ecole normale-Laval qui fournit chaque unnee des instituteurs à l'éducation populsire.

Le ministère MeNab-Taché ayant été délaissé par ses partisans du Haut Cunudu tit placo à une nouvelle administratior, dans laquelle, M. Cartier rem: laiçga M. Drunimond comme procureur-général, Ce n'était pus une sinéçure qu'il accoptait, notre système judiciuiro réclumait de nombreuses et profondes re formes. Le B:8 Canadn venuit de subir une révolution sociale et lé gule par l'abolition de la tenute seigneuriule ; de plus, nos lois disséminées dans le droit romain, la coutume de Paris, les ordonnances du conseil superieur et les statuts pro vinciaux, faisaient de 4 justice un

labyrinthe inextricable. M, Curtier ro mit courageusement x l'œu

vre. La coditiuution des lois, la dé ceutralisution judiciaire, furent le vaste champ où il déploya uno éuer-

g'o, une activitéet un tact admir'ubles,

Son projet pour la codification des lois du Bus-Cainadu, souleva de nom:

breuses objections. L'on préten: duit quo c'était une entreprise impossible, vu los différences qui existuient duns la tenure des terres; il fit dixpurnitre cotto oljection, on donnant les lois françaises aux Cuntons de l'Est, ce qui rondit la tenure des terres uniformes.

À ceux qui voulnient assimiler et réunir on un soul code, les lois dos deux Provinces, il répondait quo l'on devruit d'abord commencer par la coditicati n des lois que le Bus- Canada demandait impérieusement, ot que pus turd l'on pourrait ussi milur les lois des deux Provinces, Ab! Mossieurs, c'est qu'il voyait devunt lui, un brillant avenir pour su Province et qu'il entrevoyait lo jour où le code civil du Bas-Canada, deviendra lu loi de l'Amérique Britunnique du Nord,

C'est le 31 janvier 1865 quo M.

Cartier, déposu sur les burciux do la Chambre, le projet de loi relatif à l'adoption et à la promulgation du codu civil, Le discours qu'il pronon:

ça duns cette occasion, dénote un profond jurisconsulte et un homme politique aux idees larges, IL fit l'histoire exterño et interne du droit français ct démontra l'importance du cude de lois qu'il soumettuit au Parlement, € Si le Canada vont grandir, dit-il, s'il veu' conserver son in dividualité et sa nationalité, rien no sera plus cupable de réuliser ses cspérances que l'adoption d’un code de lois, Le pouple romain fut grand surtout pur ses lois ; ses conquêtes sont séparées, son nom même est disparu, mais ses lois ont survécu à rON anéantissement, et il n impoxé «es lois aux vainqueurs, Le nom do Napo'éon seru plus célèbre pur les lois qu'il a étub ies, quo pur les conquêtes qu'il u faites. 11 fut obligé v'a- Landonuer son rôle de duminuteur de l'Europe, muis son code est resté,

tact admi-

ifcation des svade nom:

un préten:

epriso imen qui oxis- terres; il Vjection, on ox “ux Uunlit la tenure

issimilor et les lois dos sndait quo mencer par ue lo Busrieusement, urrait aussi.

: Provinces, qu'il voyait avenir pour revoyait lo Bus-Canada, iérique Bri-

865 quo M. burcauux do » loi relatif à ulgation du qu'il pronon:

dénote un un homme ges. IL fit ne du droit l'importance umettuit au a vont granrver son in ulité, rien no liser ses CSd'un code nin fut grand + conquêtes \ même est it survécu à il a impoxé . Le nom do èbro pur les ) pur les conut obligé J'auminuteur de est resté,

Quand los lois du Bas-Canndn, ourront être mieux connuos, quo ’étude ot l:pplicution en seront

plus faciles, nos voisins du Iluut Canada et des Provinces du golfe no:8 l'emprunteront ; etil au:n son influenco dans lu confedératior si clle a lieu, »

Mesrieurs, il y a toutun progrimme politique d'ins ces belies et pa triotiques puroles : à nous de ne pus les oublier, et la Province de Qt elec auru duns la confédération lo posto d'honneur que monsieur Cartier entrevoyuit pur ello.

Après une longic discussion lo codo civil fut adopté par lo Parle ment, et dovint,le lor août 1866, la loi de la Provinco do Québec.

Lo Bas Canada grandissait ot so développuir sous l'influonce dos !:ibertés constitutionnelles qui lui avaient été accordées, Son commerce devenait de plus en plus ‘lorissant, la politique des chemins de fer décentruli- ait forcément la poputa tion, ot à côte dos métropoles s'étaient forméosot bâties des viiles où l’activité ot lo progrès avaient creé des merveilles. Ces nouvelles villes no pouvaient demeurer en tutelle sous le sceptre judiciairo des grands centres, il leur fallait des franchises municipalos ctdos tribunaux.

Ici nous nous trouvons en présenco de deux problêmes sociaux qui ont coûté aux ministres du Bas Canada et notamment à M. Cartier, bien des veilles et des heures d'etudes ; ils ont donné à ces problêmus uno +olution qui a grandement contribué au développement des ressources de notre Province.

« Le système municipal, dit l'au teur du Canada sous l'Union, a donné plus de force ct d'extension aux libertés civiles. Il est le plus beau privilége qu'on puisse coutérer au peuple, et a débarrassé la législature de la nécessité de s'uccuper des questions locales. Il a procuré au peu:

ple l’un des meilleurs moyens d'ap-

art mme

prendre comment se gouvorner luimême et communt tirer purtio des institutions libies dont on l'a fuvori-é,e

Quant à la décentralisation judiciuiro, ellu a été mosrieurs, pousséo iusqu'à nes dernières limites, et uujourd'hui la justice à est lu portée de tout lo monde,

« Le prinvipe do la décentralisntion judiciaire reçut, dit l'auteur que je viens de citer, l'approbation géné.

rule ; car l'augmentution de la po pulution et dus affaires, nécessituit alors un plus grand nombre de cours, Cette œuvio exigea de M. Cartier, un immense travail pour la réduction des actes, l'organisation et Jn mise en opéralion du nouvenu #y-lèmo, Li lui fallut une grande éncrgio pour exécuter cette tâcho ot resister aux plaintes ot aux réclamations do toutes sortes, Cette œuvre et celle de la cod ‘cation sont certainement un de; plus beaux titres que M. Cartier s'est acquis à la reconnaissance do ses concitoyens »

En 1857, M. Cartior étuit devenu par lu retraite de Sir Etienne Puschal Taché de la vie publique, le chef conservatour dans le Bas-Cana.

da, Successeur des Lafoniuine, des Morin, dos Taché, il fut leur égal sinon leur supérieur, et jamais chef de parti no posséda plus quo lui, l'attachement et lo dévouement de ses partisans, je dovrais dire, de tout le peuple bas-canadien, car ileut sur sa provinco un ascendant ubsolu.

De cette annéo date l’union intime qui s’opéra entre M. Cartier et &ir John A. Macdonald, ot qui fut une seconde alliance Lafontaine. Baldwin.

Ici, messieurs, j'arrive à ce que j'uppollorai, notre histoire contemporaine, à nous membres du ciub Ourtier. Les actes ot les luttes politiques de cos deux hommes, se sont déroulés rous nos yeux ; nous no sommes pus seulement les defonseurs et les admirateurs de leur politique, nous en sommes aussi les fils. Nous avons vu les derniers jours du

Canada sous l'Union,et cette èro nonvelle qui s'est ouverte pour notro pays, par l'acte de laConfedération et qui a produit déjà parmi nous, des fruits d'abondance, de grandeur, de prospérité.

Lo ministère Macdonald-Cartier fut très bien accueilli dans notre Province, mais le Haut-Canada lo laissa en minorité. Lo fanatismo protestant avait fait taire là les différences d'opinions politiques pour les unir contre le catholicisme, M.

Georges Brown soulevait, dans cette Province, les haines et los préjugés de ses co-religionnaires, avec le programme des écoles mixtes et de la représentation hâséo sur la population ; c'était la lutte du [faut-Canada contre nous, mais, ici, nous voyons les armes de nos adversuiros s6 rotourner contre oux. M. Macdonald n'ayant pas obtenu dans sa province tout l’appoint qui lui était nécessaire, dut rechercher son appui dans la députation bas-canadienno et compter avec M. Cartier. Cet ordre de choses rendit plus fort les liens d'alliance formés entro Messieur:

Cartier et Macdonald et fit de co der-nier un défenseur de nos droits et de nos libertés contre l'esprit do domi:

nation du Haut-Canada.

La session fut des plus orageuses.

Sans cesse harcelé par M, Georges Brown, qui commandait à la mujnrité des deputés du Haut-Canada le ministère Maclonald-Cartier, éprouva boauvcoup de difficultés à faire votor les différentes lois soumises au Parlement. Un vote de non-con fiance habilement proposé par l'opposition, sur la question du siége du gouvernement, fut, malgré la ferme attitude des membres du ministère, donné à une majorité de quatorze voix. Plusieurs députés qui, l'annéo précédente, avaient demandé que lo choix do la capitale fut laissé à la Reine, désapprouvaient maintonant sa décision, C'était vouloir guérir un mal irréparable, dont ils étaient les auteurs,

Lo ministèro donna sa démission et Sir Elmond Head demanda à M.

Gaorge Brown do former uno nouvello administration.

Messieurs, nous voilà en présence d’un ministère de vingt - quatre heures, Saluons-lo,........ il 86 passé.

Le parti conscrvatour reprend les rênes du pouvoir, après un intorrègne do deux jours, et le Bas'Canada, préside maintenant aux destinées du pays, dans la personne de M. Cartier.

Lo dévouement à la choso publiquo, les services rendus à la patrie, valaient à M. Carticr la position s0ciule la plus élevée qu’un Canadien put ambitionner. Nous avons ici, un fait que malheureusement nous oublions toujours dans la province de Québec ; c’est que l'union de nos hommes politique donnerait à notre province, le haut contrôle dans le conseil de l’Etat.

Le ministère Cartior-Macdonald, soumit au parlement pendant cette session, uno série de résolutions, par lesquelles, il proposait de construire le chemin do fer Intercolonial et d'entamer des négociations avec les provinces maritimes, au sujet de l’union fédérale do l'Amérique du Nord,

M. Carticr, voyait dans l'union fédéralo des provincos, lo remède qui pourrait seul faire disparaitre los difficultés qui surgissaient entre le Haut ot lo Bas-Canada. Co projot suscita une brillante polémique duns la presse ; le Journal de Québec et lo Courrier du Canada publièrent à ce sujet, des écrits remarquables dûs à la plamo de d:ux hommes qui ont été l'honneur du journalisme québecquois.

Après la scssion de 1858, M. Cartier, accompagné de MM. Galt et Ross, se rendit en Angleterre, pour traiter auprès du gouvernement impérial, la question de l'union des provinces. Sa mission n’eut pas de résultat satisfaisant ; les provinces

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maritimes semblaient hostiles à une union fédérale et mettaient des entraves aux névociations, [l fallait le concours de volonté des gouvernements provirciaux pour former le pacte fédéral, c'était la base premiére, elle manquait pour lo mo.

ment.

Pendant son séjour en An.

gletere, M. Cartier eut l'honneur d'être, au château de Windsor, l'hôte de la Reine, et la chronique rous dit qu'il fit connaitre dans Îles salons du Palais, les guis chansons du Canada français. Le jeune hom:

mo que nous avons vu sur le champ de bataille, luttunt à la conquêie de notre liberté, après l'avoir obtenue de l’Agleterre, devenuit l'hôte de su souveraine,

La lutte devait done so continuer encore dans le Parlement, sur le terruin de la représentatior, question hérissée d’embarras pour le ministère; Aussi, les sessions de 1860

et 1861 furent en grande partie con.

sacreos à repousser le fanatisme du Haut-Canada : c'est dire que Îles passes d’urmes orutoires furent vives.

M. Cartier, nonobstant ces polé miques brûlantes, travailla sans cesse, à rendre plus parfait l'édifice de nos lois, L'acte seigneurial de 1854 avait laissé subsister certains droits seigneuriaux ; ilprésentann projet do loi pour le rachat définitifde tous ces droits et obtint poar notre province une allocation à cette fin de 82,000,- 000. JI prépura et rédigva Ini même l'acte des municipalités du Bus Cu nada.

Notre système d'enregistrement des droits réels reçut de nombreuses et utiles modifications. Les statuts du Bas-Canada furent réunis et refondus sous forme de code, Il fallait,

our conduire tous ces projets à onne fin nu milien des luttes si ardentes qui divisaient les deux provinces, il fullait, dis je, à leur auteur, une énergie et une activité in-

domptables, Le rachat des droits sciwneuriaux soulera contre monsicur Cartier une temypéto foi midable : les ennemis de notre province essuyèient de susciter pnr cetto question un mouvement populaire dans le Haut Canada, pour renverser le ministère Cartier-Mucdonald, A les entendre, le Haut-Canida était pillé pur le Bas-Canuda, c'étuit ni plus ni moins qu'un briganduge or- Lanisé. Chaque fois que nos hommés politiques revendiquent pour leur province Fa part légitime dans Île Luduet, le même vent souflle l'orage contre eux.

Monsieur Cartier, fort do l'appui que lui donnuit la députation bascanadienne, fut inébrunlable et obtint justice pour sa province,

Les élections génerales de 1861 furent favorables au ministère et lui donnèrent une majorité dans les deux provinces. Cependant, le ciel politique n'etait pas runs nuages, et un avenir prochain réservait au ministère une défaite qui «mena sa démission. L'agitation créée dans le pays par l'affaire du Trent, et la nouvelle loi de la milice qu'il soumit aux Chambres lui furent fatules.

Les trois innées qui suivirent la chute du ministère Cartier-Macdonald, se passèrent en luttes stériles.

Ni les changements de ministères, tantôt moderés, tantôl radicaux, ni deux élections générales ne purent rétablir l'harmonie. Pour mettre un terme à cet élat de malaise qui menaçuit de continuer indéfiniment et d'amener des complications graves les chefs des deux parties politiques re donnèrent la main, et d’'ennemis acharnés qu'ils étaient auparavant s’unirent par des concessions mutuelles, dans un but commur, pour sauver le pays et formèrent un ministère de coulition Lo premier urticlo du programme du ministère Tuché-Macdonald-Brown, était: « Union fedérale des provinces ». Ce sora l'œuvre

dominatrice du nouveau cabinet, et toute son attention so portera sur ce problème social.

Les provinces maritimes qui, en 1858, avaient fait manquer, par leur abstention, la mission des délévués canadions à Londres, acceptuient maintenant l’idée d’une union fédérale. Leurs principaux hommes politiques, devaient se réunir en conférence, à Charlottetown, pour étudier cette grave question. le gouvernemont canaiien demanda la permission d'envoyer des délégnrés à cetto conférence, pour y soumettre un projet de confédération de toutes les provinces, et fut favorabloment accueilli,

M. Curtier discuta longuement dans la conférence, le projet de confédération, et démontra les nombreux avantages que les différentes provinces de l'Amérique britanuique du Nord rctireruit d'une union fédérale. Les conclusions prises par la conférence furent: que l'union fédérale des provinces serait d’un grand avantage et que l’on devaitse réunir dans une nouvelle conférence qui so tiondrait à Québec, pour s'entendre sur un projet organique do confédération.

Le i0 octobre 1864 s'ouvrait, à Québec uno conférence à jamais cé.

lèbre dans nos annales politiques.

C'etait la réanion des hommes d'é.

tat des provinces maritimes et des membres du gouvernement canadien, pour creuser et jeter les bases d'une constitution destinée à former un grand peuple.

La conference, après une très longuc et minutieuse discussion, adopta une serie de résolutions, par lesquelles, elle recommandait aux lÎégislatures du Canada et des Pro:

vinces, un système de confédération, qui empruntait beauconp aux régi.

mes politiques de deux nations puissantes, l'Angleterre et les Etats Unis.

La session de 1865 fut, pour ainsi dire, uniquement consacrée à la dis-

cussion du projet de la nouvelle constitution. Les députés oubiièrent tous les préjuxés de parti ou de sec.

tion, afin d'étudier avec calme et patriotisme, une question d'où dépendait avenir de leur pays.

M. Cartier prononça, le 7 février 1865, un discours qui est un des plus brillants plaidoyers en faveur de la Confédération, faits dans le parlement,

Nous y trouvons les idées larges d'un homme d'Etat, ami de son pays et defenseur des droits de ses compatriotes,

Messieurs, je n’ai pas à vous démontrer les avantages multiples qui devaient résulter pour notre province de l'union fédérale. Nous sommes aujourd'hui, en présence d’un fait accompli qui a réalisé les espérances des auteurs de la Confedérution.

La très-grande maorité de la Chambre accepta le projet fédéral ;

ce fut un véritable triomphe pour le .

gouvernement et le parti conservateur.

Les gouvernements du Canada et des provinces maritimes, envoyèrent à, Londres en 1866, des délégués pour obtenir du parlement impérial, la sanction du pacte fédéral, MM. John A. Macdonald, Cartier, Brown et Galt, furent les représentants du Canada à Londres.

Notre province devait courir là, un immense danger, fruit de l'in:

trigue. M. Cartier, par des prodiges de courage, d'énergie et d'activité, sauva la situation, Permottez-moi, messicurs, de vous lire à ce sujet, un remarquable article, publié dans le Constilutioniel, par son rédacteur, M.

Gérin, maintenant l'honorable consoiller législatif pour Kennébec, qui a été un témoin oculaire des diffcuités qu'eût À vaincre notre roprétant à Londres,

« C'est durant les conférences de Londres de 1866 et 1867 que celui qui trace ces lignes a vu l’homme à l'œuvre ot à pu juger de près de l’é-

mm

lévation de ses idées patriotiques, de son patriotisme ardent, sincère ot profond, et de son activité incomparable. La tâche étuit rude, à Londres, pour Cartier. Ce n’est plus dévoiler un secret que de dire quo dans les conférences de Londios tous les délégués du Haut-Canada, des provinces maritimes ot aves eux Galt, désivaient l'union législative et voulaient que lord Carnarvon, alors ministre des colonies, rédigcât en conséquence le projet de loi qu'il devait présenter au parlement. Devant un danger aussi imminent, Cartier trouva moyen de se multi.

plier. Il n'aurait jamais voulu qu’on manquât ainsi de paroles à ses compatriotes à qui l’on avait promis l'autonomie provinciale ; il n'aurait jamais voulu les livrer ainei pieds et poings liés à la majorité bruta'e d'une union législative, Devant les instances des autres délégués, Cartier avait même déclaré qu'il avise.

rait lo premier ministre, sir Narcisse Belleau, de dissoudre le cabinet

lutôt que de se soumettre. Et alors a confedération était manquée, et tout était à recommencer comme en 1864.

» C'était une dure extrémité, Aussi Cartier préféra-t.il auparavant, es.

sayer do mettre dans ses idées les hcmmes influents de la Cour et du parlement. Iltrouva moyen d’être invité, dans presque toutes les familles aristocratiques, Tous les jours il avait trois ou quatre invitations à diner, autant pour le déjeuner et un peu plus pour la soirée, Il les ac.

ceptait toutes, so rendant dans cha cune de ces maisons où il était invité, faisait semblant de manger, ct trouvait moyen de causer des deux grandes questions qui le préoccr paient : la confédération et lesdro:

de la province de Québec dans cette confédération. Et par co moyen, il ne tarda pas à lasser la persistance dos autres délégués, C'est ainsi qu'il fournit à lord Carnarvon les traités et les capitulations qui assuraient

nos droits d'une manière imprescriptible, et le ministre des colonies s'appuya sur ces documents historianes pour justifier l'indépendance des provinces.v

» Ceux qui ont accusé Cartier d’avoir trahi sos compatriotes ont commis une grande erreur et uno grande injustice. Il était au dessus des préjugés qui naissent des diffé.

rencos de race ou de religion; mais il n'aurait jamais toléré une injustice envers ses compatriotes. Jamais caractère ne fut plus étranger aux bassesses qui enfantent ia trahison,»

Messieurs, laissons de côté ces accusations et ces accusatours ; ils ont passé, mais l’œuvre de Cartier est rostée, ct aujourd'hui nous voyons un peuple reconnaissant lui dresser des statues. ‘Toujours novs rencontrerons çà et là, dans lo chemin dela vie, des hommes dont. la suprême ambition est de rapetisser ce qui est grand et de grandir ce qui est petit, ça leur permet de no pas mourir complètement dans l'oubli. Hier encore, un journal de Montréal disait :

« Que ce qu'il y avait de bon en M. Cartier était pour ainsi dire indépendant de sa volonté et de sa direction, Il était laborieux par tem:pérament, I[lne pouvait pas être autre chose, l’eût-il essayé. On fait un mérite à certaines gens d'aimer le travail, —et cela bien à tort. C’est le plus souvent une nécessité de la nature. Il leur serait aussi difficile de flâner d'esprit ou de corps, qu'il est dur pour un paresseux de 86 mettre au travail. Monsieur Cartier était un bout de feu. Ce qu'il a fair de bien découle de ce tempérament, »

Et ce journal qu'en France on apsellerait prussien ajoutait :

«On l’admire encore chez certains conservateurs, malgré ses œuvres Il y a mêmoun ciub politique qui porte son nom, »

Ne vous récriez pas, mescieurs, nous avons-là un cas do monomanie..….

affaire do tempérament. Nous lisons dans la mythologie que les Harpies souillaient de leur toucher immondo, co qu’elles approchuicat ; c’ost-là le rôle que co journal s'est donné.

Lo premier juillet 1867, l'on inaugurait dans le pays, la Confédération. Ce fut partout des réjouissances publiques. Ce qui «ail:ours n'aurait pû s’opérer sans commotion révolutionnaire, se fuisait paisiblement chez nous. Lord Mouk, alors gouverneur du Canada, choisit M.

John A. Macdonald pour son premier-ministre et celui ci s'adjoignit pour collèwne son ami intime, cot autre lui-même, M. Cartier,

Les élections générales donnèrent au ministère une forte majorité, qui Jui permit do conduire à bonne fin, l’œuvre de la Confedération.

En 1868, M. Cartier recevait de !a

reino Victoria le titre de baronnet, en reconnaissance des nombreux services qu’il avait rendus à son pays.

Vingt années do luttes lai valaient le suprême honneur conféré par la ‘ouronne britannique aûx hommes d'état des colonies. La devise de son blason fut formée de trois mot qui sont l'apanage des grands cœurs et des fortes natures : « Franc et sans aol. »

Sir Georges-Etienne Cartier travailla avec une ardeur nouvelle au développement des ressources et à l'agrandissement de la puissance du Canada.

Le ministère Macdonald Cartier voulait faire du Canada, un immense

territoire, borné par deux océans, silonné de chemins do fer et de canaux, ot qui serait dans l'avenir le domaine d'une grande nation. Mes.

sieurs, jetez maintenant les yeux sur la carte de votro pays et voyez:

déjà l’œuvro de ces deux hommes d'Etat admirables cost presque complètement rénli-éo.

Sir George Etienne Cartier à vu lo Manitoba et la Colombie unglaise entrer dans los rangs de la confédé.

ration ; il a entendu de sifflet.

strident de la locomotive, annonçant, dans Montréal, l'arrivée de voyageurs venant d’Halifux et il nent. evu cetto même locomotive se dirigeant vers la Colombie anylaise.

Mais la providence, qui tiert dans sa main la vic des grands comme celle des petits, du richo et du pauvre, ne lui a ps permis de contempler l’œuvre totale, complète de la confédératic

Brisé par la maladie, et plus encore par la defaite qu'il venait de subir dans son collége électoral, il fut forcé d'uller demander à l'Europe et à la science de rétablir une santé chancelante. Tout fut inutilé, et le 20 mai 1873, nous perdions en lui le plus fidèle, le plus énergique et le plus dévoué défenseur de nos droits.

Messieurs, Sir Georges - Etienne Cartier n'est pas tout entier au tombeau. Ses actes politiques lai survivent, son image est vivace en nos cœurs, et jamuis notre patrie n'oubliera l’homme qui l'a fuit grande et prospère.

TIRE STONE M0 "e

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