‹ Sir Henry RaeburnChapitre 30 sur 71 · JOHN GRAY DE NEWHOLM. W.S · texte numérisé non relu

JOHN GRAY DE NEWHOLM. W.S

Major- Général Cunningham ■

JAMES BYRES 59

C'est d'un autre Ecossais de Rome, guide aussi des Insulaires errants, qu'il nous a laissé les traits. Je veux parler de James Byres,* "le Cicérone," comme je le trouve nommé dans des lettres particulières du temps. Byres était le fils aîné de Patrick Byres, le laird Jacobite de Tonley, comté d'Aberdeen, où il naquit en 1734. Il fut élevé en France, se fit catholique, et servit quelque temps dans l'armée française comme officier au régiment de Lord Ogilvie. Finalement il se fixa à Rome, où il vécut près de quarante ans. Il paraît s'être occupé, comme tant d'Anglais le faisaient alors et l'ont fait depuis, à "cornaquer" ses compatriotes et à s'entremettre dans leurs transactions avec les indigènes possesseurs d'œuvres d'art. Il consacra beaucoup de son temps à la préparation d'un ouvrage sur les cavernes funéraires de rEtrurie,t mais son principal titre à notre souvenir c'est qu'il posséda un moment le Vase de Portland. Il l'acheta à la famille Barberini et le vendit ensuite à Sir William Hamilton pour la somme de mille livres sterling.."]: Quelque quinze ans avant que Raeburn fût à Rome, Byres eut quelque temps son égalité d'âme troublée et son sang tourné en fiel par les attaques inconsidérées et méchantes de Barry. Le grand homme de Cork avait adopté l'antipathie de Hogarth pour tous ceux qui avaient aucun trafic avec la bande noire ou qui mettaient la main à la distribution des débris de la Grèce républicaine et de la Rome impériale par tout le Royaume-Uni. Il baissa sa lance et fournit une course contre eux tous, montrant par là le manque de discernement qu'on devait attendre d'un Irlandais de vingt-cinq ans qui peignait des machines comme son "Adam et Eve" ou sa "Naissance de Vénus." Que Byres comprît beaucoup mieux que Barry la valeur artistique des débris en question, on peut le conclure sans crainte de l'achat

* On ne sait pour quelle mystérieuse raison ce nom est fautivement épelé Byers par la plupart de ceux qui ont eu à l'écrire.

t Hypogaci, publié en 1842, longtemps après sa mort. Ce livre fut illustré par son neveu, Christopher Norton, qui vécut avec lui à Rome pendant bien des années. L'auteur de l'introduction parle de Byres comme de l'ami de Winckelmann, de Lanzi, d'Agincourt, et d'autres amateurs fameux jadis, qui avaient garanti son aptitude à bien s'acquitter de sa tâche.

I On trouve un exposé intéressant de toute la transaction dans une lettre de Sir William à Wedgvvood, citée par Smiles dans sa vie du grand potier. Les médaillons de Wedgvvood comprennent un portrait de Byres. Dans son "Manuel des Wedgwood " {Wedgzvood Handbook, p. 190), Miss Mateyard dit que ce médaillon a été "indubitablement modelé par Flaxman." J. M. Gray, cependant, déclare {Ja7nes and William Tassie, p. 45) qu'il est encore plus indubitablement l'œuvre de James Tassie ! Pour les deux, les impressions dans l'émail de Tassie et dans la pâte de Wedgwood portent sa signature.

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qu'il fit du Vase de Portland, et encore davantage de l'excellent conseil, rarement entendu à cette époque, qu'il donna à Raeburn, de ne jamais peindre un objet sans l'avoir devant lui, opinion qui peut bien lui avoir été imposée par les œuvres de Barry même. En somme, Byres paraît avoir été une personnalité intéressante et romanesque. Winckelmann, dans son Histoire de lArt antique, le cite comme "un connaisseur en architecture à Rome." Je l'ai vu souvent mentionné dans des lettres particulières * sous le nom de Byres, le cicérone ; une tradition qui existe dans la famille veut qu'il ait été cardinal laïque, et Mr. A. J. Mitchell Gill, dans son livre : Familles de Moir et de Byres, parle d'un portrait de lui en costume de cardinal. Byres mourut à Tonley, célibataire, en 1817 ou 1819. Il doit être retourné en Angleterre bien des années avant sa mort, car son portrait f par Raeburn ne peut avoir été fait plus tard que 1805.

Après tous ces préliminaires, le lecteur a le droit de s'attendre à ce qu'on lui dise des choses très intéressantes sur l'amitié de Raeburn et de Byres. Personne ne saurait regretter plus que je ne le fais de n'avoir rien à ajouter ; et ma seule justification pour insister aussi longtemps sur une personnalité oubliée est mon désir de montrer le milieu, du moins, dans lequel le peintre vivait. Raeburn ne tenait ni journal, ni comptes ; il n'écrivait pas de lettres, de sorte que, pour ce qui le concerne, les canaux habituels d'information n'existent pas. Nous avons à nous former une idée de son caractère à la lumière de quelques maigres, bien que, sans doute, significatives, déclarations de personnes qui le connurent, d'après ce qu'en révèle son propre portrait, et sur le témoignage confirmatif qu'apporte le choix qu'il faisait de ses amis. Lord Eldin fut le compagnon de sa jeunesse ; une personne qui remplit admirablement son devoir pendant plus de quarante ans fut la femme qu'il choisit entre toutes ; il eut Byres pour principal ami à Rome. Les présomptions sont bonnes, dans les limites où elles se présentent ; pour les années subséquentes nous pourrons les étayer du jugement d'hommes comme Scott et d'autres qui connurent bien le peintre pendant la partie la plus importante de sa carrière.

* Spécialement dans quelques lettres de Roger Wilbraham, qui m'ont été gracieusernent communiquées par Mr. Wilbraham, de Delamere Park, dans le comté de Chester. J. M. Gray l'appelle " Byres, l'architecte " {Jaunes and William Tassie, p. 45).

t II appartient à Mr. D. Scott Moncreiff, à Edimbourg, et il figurait à l'Exposition d'œuvres prêtées de la présente année (1901).

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