‹ Sir Henry RaeburnChapitre 52 sur 71 · RONALD ET ROBERT FERGUSON DE RAITH · texte numérisé non relu

RONALD ET ROBERT FERGUSON DE RAITH

Mr. A'. C. Alunro Ferouson Membre du Parlement

LUS exclusivement peut-être qu'aucun autre artiste d'égal talent, Sir Henry Raeburn fut un peintre de portraits. Mais s'il n'a rien laissé qui puisse être décrit sous un autre nom que portrait, son sentiment de la peinture était si actif que chacune de ses plus belles productions, tout en étant animée d'un intérêt biographique, est en même temps un tableau. A la fois biographie admirable et grand art, son œuvre révèle une étendue et une variété qu'on n'attendait guère de la nature limitée de ses sujets ; et c'est pour montrer cela, pour résumer, pourrait-on dire, son œuvre de peintre dans la mesure où le noir et le blanc peuvent le faire, que les illustrations de ce volume ont été choisies. Ses tableaux ne sont ni signés ni datés ; son style fut mûr de bonne heure

et ne montre pas de périodes bien marquées. D'un autre côté, toutes les listes de clients et tous les livres de compte qu'il peut avoir tenus ont été détruits ou disparurent immédiatement après sa mort. Il est donc difficile d'assigner une date à ses peintures. Mais comme il était possible d'arriver à une sorte d'ordre chronologique en groupant les exemples dont on peut fixer la date avec ceux dont le style leur ressemble, on a suivi ce plan dans le classement des planches. Deux miniatures, représentant la première phase de son talent, sont suivies de deux spécimens des portraits à l'huile qu'il peignit avant d'aller à Rome ; la planche suivante montre le premier tableau important qu'il fit après son retour, et ensuite presque chaque année est marquée par un exemple qui porte sa date.

A voir les choses en gros, la carrière de peintre de Raeburn se divise en deux périodes, et l'une ne fut que le prélude de l'autre, court d'ailleurs. Il débuta comme peintre miniaturiste; mais il n'avait pas vingt ans lorsqu'il commença la série de portraits grandeur nature sur lesquels repose sa réputation. L'art de la miniature en Angleterre touchait à son plus haut point quand Raeburn commença à peindre ; mais ses œuvres en ce genre n'ont rien de la grâce et du charme qui sont les qualités les plus distinctives de Cosway ou d'Edridge. Sa miniature de Deuchar, l'aquafortiste et graveur de sceaux, qu'on dit être le second portrait fait par lui pendant le temps qu'il fut apprenti chez Mr. Gilliland, orfèvre d'Edimbourg, montre qu'il fut réaliste dès le début. S'il y a peu d'effort vers la vérité de ton et la solidité du modelé, et si la couleur locale est seulement indiquée, on ne peut pas ne pas reconnaître le soin dans le dessin et la façon directe de caractériser le sujet. Dans la miniature du chirurgien Andrew Wood, peinte un an ou deux plus tard et qui est typique, la couleur est devenue plus définie, les tons ont pris plus de \ariété, et les reliefs sont obtenus par un modelé régulier. En outre, dans la manière dont sont placées et éclairées les têtes, on peut noter une analogie avec ses premiers portraits à l'huile.

Mais il est inutile de s'attarder à ces commencements ; à peine consentait-il lui-même à regarder ses miniatures après qu'il se fut mis à peindre des "grandeur nature." Il est cependant remarquable que quelqu'un, sans réelle éducation spéciale, ait passé tout d'un coup de miniatures comme celles-ci à un tableau comme le "George Chalmers de Pittencrieff." Peint en 1776, lorsque l'artiste n'avait pas plus de vingt ans, ce portrait en pied

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