‹ Sir Henry RaeburnChapitre 54 sur 71 · ENFANT ET LAPIN · texte numérisé non relu

ENFANT ET LAPIN

Académie royale. Londres

de Navires, de Leith, l'année qui suivit sa mémorable victoire au large de Camperdown, à laquelle il dut la pairie et une renommée durable. Mais pour l'aisance, la vigueur et la fraîcheur d'exécution rien de ce qu'a fait Raeburn ne surpasse encore le groupe de " Reginald Macdonald de Clarendal et ses deux jeunes Frères," qui fut peint juste comme le siècle se terminait.

L'œuvre de Raeburn était allée ainsi d'un mouvement de croissance continu ; et, sans déviations notables, il continua à croître. La fraîcheur et la puissance d'exécution dominèrent de plus en plus sa technique, et bientôt ce fut sur la simplicité de sa vision directe qu'il compta en très grande partie pour produire l'effet pictural. Le "Macnab" que Sir Thomas Lawrence pensait être la meilleure représentation d'un être humain qu'il eût jamais vue, le portrait de " Mrs. Stewart of Physgill " et celui de " Mrs. Lee Harvey et sa Fille," le dernier de ses derniers ouvrages, qui ne fut probablement jamais tout à fait fini, montrent qu'il gardait encore un certain pittoresque de convention en arrangeant beaucoup de ses portraits en pied ; mais dans les bustes et les trois-quarts nature on remarque distinctement un emploi croissant des fonds unis ; ceci est plus évident peut-être dans les portraits de femmes, car, en peignant des hommes, il était toujours plus porté à compter sur ses impressions personnelles de la réalité ambiante. S'il avait déjà accidentellement, comme dans le charmant portrait de Mrs. Gregory (1796), ou dans celui de Lady Miller, mis en usage des arrangements très simples, ceux-ci devinrent beaucoup plus fréquents dans les vingt dernières années de sa carrière. En comparant les planches qui précèdent le portrait des Enfants Macdonald avec celles qui le suivent, cela saute aux yeux tout de suite. Et, en même temps qu'il était devenu complètement maître de sa technique, son appréciation du caractère atteignait une expression plus pleine, plus belle et d'une plus convaincante vérité. Ses portraits, soit d'hommes soit de femmes, se conforment moins à un type et sont plus pleinement individualisés que ceux d'aucun autre peintre de son temps ou de son école. En fait, peu de peintres ont jamais tenu en un aussi juste équilibre les droits de la peinture proprement dite et ceux de l'expression du caractère. Mais, comme l'art de Raeburn fut toujours très pénétrant, les qualités qui distinguent de ses dernières œuvres celles où il apportait une maturité moindre se trouvent dans l'expression plutôt que dans la technique, car son dessin et son habileté à manier le pinceau prirent leur plein développement pratique pendant les dix

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dernières années du XVI IP siècle. Ses tableaux ultérieurs, cependant, témoignent d'une modification dans sa manière de concentrer l'attention. Auparavant il s'en remettait très fréquemment à une ombre jetée arbitrairement sur la partie inférieure de la peinture, comme dans là " Comtesse de Dumfries et Lady Elizabeth Pénélope Crichton " (1793) ou dans 1' "Amiral Lord Duncan" (1798); maintenant, sans rejeter ce moyen, il le combine avec celui, plus légitime, qui consiste à subordonner les entours au visage. Ainsi, dans des portraits comme celui de " Mrs. Robert Bell," ou d'une fort belle femme dont le nom est inconnu, en la possession de Mr. Schwabacker, c'est à la tête et au buste que l'attention principale a été donnée, les draperies et les fonds n'étant poussés qu'autant qu'il le faut pour soutenir le visage. Dans d'autres encore, comme dans le mieux connu et peut-être le plus aimable des ouvrages de Raeburn, " Mrs. Scott Moncrieff," les draperies sont adroitement disposées pour obtenir un résultat analogue. A la fraîcheur et à la qualité supérieure de l'exécution, qui sont remarquables dans des morceaux comme les " Macdonalds," ou le "Sir John Sinclair," s'ajoutent maintenant une pâte plus variée, un modelé plus plein, un ton plus concentré, une couleur, plus sombre peut-être, mais plus riche. Cette plus grande portée de ton et de couleur, combinée avec les masses simples et pourtant distinctes qui sont l'élément le plus marqué de son dessin, donne à ses œuvres vraiment typiques beaucoup d'allure et de dignité ; et si quelques-uns des tableaux de ses dernières années laissent voir les traces d'une hâte presque inséparable d'une pratique qui, suivant ses propres termes, " ne peut admettre d'augmentation," les plus beaux de ceux-ci sont, tout bien considéré, les meilleurs qu'il ait jamais peints. La perspicacité à déchiffrer les caractères, la simplicité de la conception picturale, la combinaison de plénitude et d'assurance dans le modelé, l'éclat du ton et la sombre richesse de la couleur qui marquent "Mrs. Cruikshank " (1805), "Lord Newton" (entre 1806 et 181 1), "Mrs. James Campbell" ou "Mrs. Irvine Boswell " (1820), "James Wardrop de Torbanhill," ou "Robert Ferguson de Raith " (1823), pour n'en pas nommer d'autres, ont plus de valeur et plus de certitude de durée que n'en ont des tableaux d'un effet plus immédiat et d'un pittoresque plus conventionnel, qu'il peignit antérieurement ou même dans cette dernière période. Et comme Raeburn travailla sans diminution de puissance jusqu'à son dernier jour, et que ces qualités se firent

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