‹ Sir Joshua ReynoldsChapitre 7 sur 123 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

IR JOSHUA REYNOLDS naquit à Plympton Earl, dans le comté de Devon, le 6 juillet, 1723. Son père, le RéV. Samuel Reynolds, était le directeur de l'école secondaire (grammar school) de Plympton, institution fondée, dans les dernières années de la République, par le fameux jurisconsulte Maynard, qui vécut si longtemps, et qu'on peut considérer, à un point de vue, comme le prototype de Sir Joshua lui-même. Samuel Reynolds était un érudit dont l'espèce n'était nullement rare dans les temps antérieurs aux chemins de fer. Il avait été élevé à Oxford, où il fut immatriculé à Exeter Collège en 1698. Il devint ensuite scholar (boursier de mérite) du collège Corpus Christi, et y prit le grade de B.A. (bachelier ès-arts) en 1702. En 1705, il était élu agrégé-chapelain [CJiaplainfellow) — Socius perpetuus sacerdotalis — de Balliol. On nous dit, peut-être avec

une touche d'exagération, qu'il était innocent et ignorant du monde comme un enfant, et tellement distrait que ses amis le comparaient au "Pasteur Adams " de Fielding. Les quelques lettres et anecdotes qui nous sont parvenus sur son compte, le montrent toutes sous le même jour: homme excellent, simple de cœur, mais qui n'en était pas moins pourvu d'un fort bon cerveau. Sa femme était une Theophila Potter, fille d'un pasteur et d'une autre Theophila, née Baker. L'histoire de ce dernier couple a quelque chose de tragique. Ils s'épousèrent contre la volonté du père de la dame, le Révd. Thomas Baker, titulaire d'un bénéfice à South Molton, et mathématicien distingué. Mr. Baker ne pardonna jamais à sa fille, et il l'oublia dans son testament ; son mari mourut au bout de quelques années de mariage, et, dit la tradition, elle se perdit littéralement les yeux à le pleurer, et languit jusqu'à ce qu'elle l'eût rejoint dans le tombeau.

Theophila la jeune était presque une enfant lorsqu'elle devint la femme de Samuel Reynolds. On ne sait rien d'elle en dehors de quelques mentions, éparses dans des lettres, qui semblent indiquer que c'était une femme d'un certain mérite.* Sir Joshua lui-même ne nous apprend presque rien de sa famille. Il était de ceux qui, tout en se montrant affectueux pour les personnes qui les entourent, ne se préoccupent pas beaucoup des absents. Nous n'avons donc guère à compter, quant aux renseignements, que sur les anecdotes recueillies par ses admirateurs après qu'il fut devenu célèbre. Ce sont des témoignages de cette sorte qui nous apprennent que l'intérieur familial à Plympton était heureux, et que la vie de Sir Joshua commença dans le calme qui la marqua jusqu'à la fin. Les ressources de son père, pour l'époque et pour sa situation, n'étaient point petites. Il avait, dit-on, un traitement de 120 livres sterling par an et une maison, ce qui vaudrait bien 500 livres aujourd'hui. Sa famille, il est vrai, était nombreuse. On n'est pas d'accord sur le chiffre exact des enfants dont son union avec Theophila fut bénie : Northcote dit onze ; Cotton, " dix ou onze," tout en donnant une liste de onze ; une autre autorité va jusqu'à douze. Mais tous sont unanimes à dire que le nombre en fut réduit à six du vivant du père ; et il n'y a pas de raison de supposer que les modestes ambitions avec lesquelles ils débutèrent tous les six dans la vie aient jamais été contrariées faute d'argent. Il n'y avait que trois garçons : l'un devint lieutenant sur la flotte, le second marchand

* Leslie et Taylor.

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