‹ Sir Robert PeelChapitre 28 sur 67 · LES LOIS SUR L'IMPORTATION DES GRAINS · texte numérisé non relu

LES LOIS SUR L'IMPORTATION DES GRAINS

étaient entravés, annulés par l’opposition. Alors pourquoi restiez- vous au pouvoir? Pourquoi préfériez-vous vos places à vos principes? Pourquoi ne proposiez-vous pas ce que vous jugiez bon, en renvoyant au Parlement la responsabilité du rejet? J’ai le droit de vous faire cette question. En 1 835, ai-je renoncé à la taxe sur la drèche parce que mes partisans me menaçaient de la repousser? Non ; je les ai réunis ; je leur ai dit que le maintien de la taxe sur la drèche était nécessaire au maintien du crédit public, que je m’opposerais à ce qu’elle fût abolie, et que je me retirerais si j’étais battu. J’ai résisté, et résisté efficacement. . . Vous me disiez l’an dernier que je serais un instrument dans les mains d’autrui, et qu’on me refuserait le pouvoir de pratiquer mes principes. J’ai déclaré alors, comme je le déclare aujourd’hui, que le pouvoir, ses privilèges, son éclat, ne sont rien à mes yeux si ce n’est comme instrument de bien public. S’il faut posséder le pouvoir par tolérance et ne le garder qu’à la condition d’abandonner me* propres opinions pour obéir à celles d’autrui, je ne le garderai pas. Mon dédommagement pour tous les sacrifices que le pouvoir impose, c’est l’espoir de cette honorable renommée qu’on n’acquiert qu’en suivant fermement la route qui, selon notre jugement toujours faillible, conduit au bonheur du pays... Ce n’est pas en s’asservissant aux volontés d’autrui , en recherchant la faveur momentanée des majorités, qu’on arrive à ce but, seul digne de nos efforts. Malgré tout ce qu’a dit le noble lord, malgré les ru-

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meurs qu’il a recueillies sur les secrets mécontentements de mes amis, j’ai l'orgueilleuse satisfaction de savoir que je conserve leur confiance, tout en réclamant le droit d’agir selon ma propre pensée. C’est leur généreux appui qui, de l’ouverture à la clôture de cette session, m’a mis en état de surmonter toutes les difficidlés et de faire triompher toutes les mesures que j’ai proposées. Des nuances diverses, des mécontentements accidentels ont pu se produire ; mais je demeure convaincu que ma conduite dans le pouvoir ne m’a fait perdre, chez mes amis, rien do cette adhésion confiante qui m’encourageait dans les arides régions de l’opposition. Après l’approbation de ma conscience et l’honneur do mon nom dans l’avenir, leur estime et leur cordial soutien sont la plus haute récompense que puissent me valoir mes travaux. »

Ce n’était pas uniquement par prudence et pour raffermir son parti ébranlé que Peel tenait ce langage ; sa confiance était sincère et jusqu’à un certain point fondée ; comme il le rappelait, il avait plus d’une fois, en faGe de ses adhérents, proclamé ses principes et revendiqué son indépendance; malgré des dissidences et des humeurs évidentes, le gros du parti lui était resté et lui restait fidèle. Nécessaires les uns aux autres, d’accord sur les principes fondamentaux du gouvernement, infailliblement vaincus dès qu’ils seraient désunis, le chef et la plupart des soldats marchaient ensemble sans s’interroger, ne faisant rien pour se tromper mutuellement, mais évitant de se détromper, et couvrant leurs dissenti-

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