‹ Sir Robert PeelChapitre 39 sur 67 · BILL SUR LF. TRAVAIL DANS LES MANUFACTURES · texte numérisé non relu

BILL SUR LF. TRAVAIL DANS LES MANUFACTURES

question donna lieu, le jeune Peel, naguère entré dans la chambre des Communes, vint en aide à son père, et en 1815) nn bill fut adopté, qui régla les conditions d’âge et de travail dans les manufactures, pour les enfants seulement. Depuis 1815), cette législation avait été l’objet d’enquêtes et de modifications successives où l’esprit de réforme humaine avait de plus en plus prévalu. Cependant ni le public ni le Parlement n étaient satisfaits, et la question les préoccupait toujours. Le 7 mars 1813 et le 6 février 1811, sir James Graham proposa, dans le système en vigueur, de nombreux changements, dont les principaux étaient la réduction du nombre des heures de travail à six et demie pour les enfants de neuf à treize ans, la limitation à douze heures par jour pour le travail des jeunes gens de treize à dix-huit ans de l’un ou l’autre sexe, l’interdiction que le travail des femmes dépassât jamais douze heures par jour, et quelques précautions pour l’efficacité de l’éducation des jeunes ouvriers. La proposition fut accueillie avec une faveur générale ; mais comme il était arrivé au vieux sir Robert Peel , le zèle s’échauffa dans le cours des débats, et emporta quelques-uns des réformateurs. Lord Ashley demanda que le nombre des heures de travail fût limité à dix par jour pour tous les adultes sans distinction, hommes ou femmes, et sa proposition n’était pas la plus extrême, carM. Fielden voulait réduire ce nombre à huit heures : « Les philosophes, disait-il, divisent le jour en trois périodes : huit heures de travail, huit heures de récréation et

SIR ROBERT PEEE.

huit heures de sommeil ; je voudrais que nos lois adoptassent le même principe. » Au nom des droits de la liberté personnelle et des intérêts du commerce national, sir Robert Peel repoussa catégoriquement ces propositions; il établit que les manufactures de coton, de laine, de lin et de soie, auxquelles elles seraient appliquées, entraient pour les cinq sixièmes dans les exportations de l’industrie anglaise1, et que la réduction de douze à dix heures de travail par jour enlèverait aux manufacturiers sept semaines de travail par an. C’était plus, dit-il, que ne permettait la concurrence étrangère et que n’exigeait l’humanité. Malgré cette puissante argumentation , la chambre adopta un amendement de lord Ashley qui avait pour résultat indirect de réduire à dix, pour tous les adultes indistinctivement, le nombre des heures de travail; et quatre jours après, les deux propositions directes, celle du gouvernement qui maintenait ce nombre à douze, selon l’usage des manufactures, et celle de lord Ashley, qui le limitait à dix, furent également rejetées. lTnc grande confusion avait régné dans les partis et dans les votes; soit humeur contre le cabinet, soit recherche de la popularité , plus de quatre-vingts torys avaient voté avec l’opposition. Non-seulement le bill était perdu, mais l’autorité de sir Robert Peel était compromise. Il résolut de ne pas souffrir un tel échec. Environ deux

' Pour 35,000,000 de livres sterl. (875,000,000 de fr.) sur un total de 44, 000, 000 de livres (4,100,000,000 fr.), d'après les données statistiques de l’année 1843.

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