RÉFORMES DIVERSES (1844 1S
faisant passer un hill qui confirmait dans la pleine propriété des établissements de ce genre toute société religieuse en possession depuis vingt ans. La validité des mariages des presbytériens établis en grand nombre dans le nord de l’Irlande était sujette à de graves embarras ; un bill franchement accepté par l’église épiscopale d’Irlande les fit complètement cesser. La loi des pauvres reçut d’importantes et difficiles améliorations. La nécessité d’un serment chrétien excluait les juifs de certaines fonctions municipales ; elle fut abolie. Le cabinet ne réussit pas aussi bien dans la réforme des cours ecclésiastiques et du régime municipal en Irlande ; sur ces deux points, il fut obligé de laisser tomber les bills qu’il avait présentés. Placé entre les adversaires et les partisans systématiques des innovations, quand il n’avait pas, à l’appui de celles qu’il proposait, ou une nécessité impérieuse ou cette évidence surabondante devant laquelle les préjugés et les passions se taisent quelquefois, il courait grand risque d’échouer, ou pour avoir trop tenté, ou pour n’avoir pas assez fait Mais ces échecs ne décourageaient pas sir Hobert Peel ; c’était un des traits de son esprit qu’il avait le goût des petites affaires comme des grandes, et se complaisait dans le laborieux accomplissement d’une modeste mesure administrative presque autant que dans les glorieux efforts d’un grand acte politique. Deux des membres de son cabinet, lord Lyndhurst et sir James Graham, lui étaient des auxiliaires trésefficaces, et ce fut surtout avec leur aide qu’il aecom-
plijt en peu d’années, soit dans les lois, soit dans l’administration , une multitude de réformes qui n’auront point de place dans l’histoire, mais dont la société anglaise recueille tous les jours les fruits.
Parmi celles dont il occupa le Parlement, il en était une qui devait lui inspirer un intérêt particulier : c’était le bill que proposa sir James Graliam pour modifier les lois déjà en vigueur sur le travail et l’éducation des enfants employés dans les manufacturas. Ces lois avaient le père de sir Robert Peel pour premier auteur. Le tî juin 1815, ce vieux manufacturier, qui avait passé sa vie au milieu des ouvriers, faisant sa fortune par leur travail, signala à la chambre des Communes le triste et coupable abus que, dans la plupart des manufactures, on faisait du travail des enfants, leurs souffrances, leur dégradation physique et morale, et il demanda que la loi se chargeât d’y porter remède. Il n’était pas bien exigeant; il proposait que le travail des enfants fût limité à dix heures par jour, leur laissant deux heures et demie pour les repas et pour l’école. La proposition fut bien reçue et devint l’objet d’une enquête ; mais , dans son zèle d’humanité, l’auteur de la réforme la compromit en demandant qu’on limitât aussi, par la loi, les heures de travail des adultes. La plupart des manufacturiers, les économistes, les libéraux prévoyants s’y opposèrent, réclamant les droits du travail libre et de la libre concurrence pour les hommes en âge de se défendre eux-mêmes en usant de leur liberté. Dans les discussions auxquelles la