I.tl.icld.pmt.j
|Lard, par quintal
Libre.
Beurre, id.
(Fromage, id.
0 lt 0
Cacao étranger, par livre
JCafé étranger, id
Raisin de Corinthe étranger, par quint.
Jambons, par quintal
Saindoux, id
Libre.
Riz, id
Kaux-de-vie et alcools, par galon
Sucre, par quintal (colonies anglaises).
k En ce qui touche les lois sur les céréales, le l*r janvier 1842, le taux des droits pour l’importation des grains étrangers variait suivant la moyenne des marchés intérieurs.
« Quand le froment coûtait 62 sh. le quarter, le droit était de 24 shellings 8 pence.
« Quand le froment coûtait 68 sh. le quarter, le droitétait de 16 sh. 8 pence.
« Quand le froment coûtait 73 sh. le quarter, le droit était de 1 sh.
a Des droits correspondants étaient levés, suivant le même
LETTRE DE SIR ROBERT PKEL
principe, fur l’importation des autres espèces de grains. Pour l’orge, par exemple, et pour le maïs, quand le prix de l’orge était au-dessous de 34 sli. le quarler , le droit d’importation pour un quarler d’orge, et de même pour un quarler de maïs, était de 12 sli. 4 pence ; le droit tombait à t sh. quand ces grains coûtaient plus de 41 sh. le quarler.
n Ces divers droits furent réduits dans la session de 1842. Dans celle de 1840, on prit des mesures pour en assurer le rappel total au 1er février 1849.
a Parmi les différentes propositions faites par le dernier gouvernement en faveur de la réduction des droits sur les articles de subsistance et de consommation générale, celle qui avait pour objet l’abolition définitive des droits sur les grains étrangers rencontra l'opposition la plus vive.
« Permettez-moi de rappeler à votre souvenir les circonstances dans lesquelles fut laite cette proposition.
a Durant les mois de septembre et d’octobre 1 843, il y eut, dans beaucoup de parties du Royaume-Uni , des faits indiquant cette maladie mystérieuse qui a attaqué d’une façon si grave la récolte des pommes de terre. En Irlande surtout on était vivement alarmé des conséquences. Diverses autorités de ce pays, et qui avaient droit au plus grand respect, adressèrent des représentations propres à faire une profonde impression sur l’esprit de ceux qui, en leur qualité de serviteurs de la couronne, étaieut tenus de prendre toutes les mesures raisonnables et de nature à remédier au mal dont on était menace, au manque de nourriture. Je ferai du courtes citations de ces lettres.
« Le lord-lieutenant d’Irlande écrivait, le 20 octobre : a Les nouvelles de la récolte des pommes de terre continuent « à être extrêmement décourageantes. Des pommes de terre a qui, lorsqu’on les recueille, paraissent parfaitement saines, t ne tardent pas à s'altérer et pourrissent bientôt tout à fait, a Dans de telles circonstances, il est impossible de se former « une opinion arrêtée quant à l’étendue de la calamité. » a Le 24 octobre, le lord-lieutenant écrivait ; « Nous rece-
AUX ÉLECTEURS DE TAMWORTH (15 juillet 1847). 519
a vons constamment des rapports satisfaisants sur l’état des « pommes de terre qu’on vient d’arracher ; mais, peu de « jours après, on nous apprend qu’elles se sont pourries dans « les caves où on les avait déposées. Nous ne savons pas, et « nous ne pouvons pas savoir l’étendue du mal. »
« Le secrétaire de la Société royale d’agriculture (association composée des principaux propriétaires fonciers d’Irlande) écrivait , à peu près à la même époque : « Quand, il y a un a mois environ, j’ai envoyé une lettre circulaire aux sccré- « (aires des cent vingt sociétés locales qui sont en rapport « avec la société centrale, j’ai reçu plusieurs réponses de a personnes qui m’écrivaient que la maladie n'avait pas « encore paru dans leur voisiuage immédiat; mais depuis a j’ai reçu des lettres de la plupart d’entre ces personnes qui c m’annoncent qu’après avoir arraché les pommes de terre « on a trouvé presque partout la maladie; et je puis dire en a toute assurance qu’il n’y a pas à présent en Irlande un « seul comté qui ne soit plus ou moins atlecté. J’ajouterai « seulement que la plus grande panique parait régner dans a. tout le pays. »
u A une réunion publique, présidée par le duc de Leinster, qui eut lieu à Dublin le 31 octobre 1845, on vota : « Qu’il « était hors de doute que la famine, et par conséquent les u maladies pestilentielles, étaient absolument imminentes, à a moins que le gouvernement ne prit, sans hésitation et sans « délai, les mesures les plus promptes pour pourvoir à a la subsistance du peuple. » On déclara également : « Qu’on « demandait respectueusement au lord-lieutenant d’Irlande « d’ouvrir les ports d’Irlande à l’importation du maïs, du « ris et d’autres articles propres à la nourriture du peuple.»
« 11 nous parut possible que des rapports venus du pays même, dans un moment de grande agitation, eussent subi, lors même qu’ils émanaient de sources si élevées, l’influence de l’alarme générale. Nous envoyâmes donc en Irlande, au mois d’octobre, deux hommes (de la plus haute renommée dans la science à laquelle ils appartiennent), qui n’avaient
LETTRE I)E SIH ROBERT REEL
avec l’Irlande aucun lien local, le professeur Lindlev et le docteur Lyon Playfair.
a Nous les envoyâmes en Irlande dans le double but de nous suggérer , si cela était possible, quelque remède contre le mal qui nous menaçait, et de nous transmettre leurs impressions quant à son étendue réelle.
o I,eur rapport fut plus défavorable que tous les autres. Ils déclarèrent « qu’ils avaient consulté des gens bien au fait „ de la maladie ; qu’ils avaient visité les districts situés entre « Dublin et Drogheda, et examiné divers champs de pommes « de terre dans les comtés de Dublin, Ixmth, Meath, West- « meath, et une partie de Kildare; et qu’à juger d’après les « preuves qu’ils avaient recueillicset d’après ce qu’ils avaient « vu du progrès du mal en Angleterre, ils ne pouvaient que a dire, comme conclusion, que la moitié de la récolte des « pommes de terre était détruite en Irlande, ou dans un tel « état qu’elle ne pouvait servir à la nourriture des hommes.»
« Sans nid doute, il était possible que toutes les personnes en question se fussent trompées jusqu’à un certain point; il était possible que les événements vinssent plus tard prouver qu’elles avaient exagéré l’étendue du mal ; mais mettez-vous à la place de ceuxqui étaient responsables de la sûreté publique, et qui recevaient de tels rapports au commencement de l’hiver, sans aucun espoir de trouver à l’intérieur des ressources additionnelles pendant un long espace de neuf mois, et vous ne serez pas disposés à juger sévèrement les motifs qui les poussèrent à conseiller qu’on adoptât de plus grandes facilités pour laisser arriver des denrées alimentaires des pays étrangers.
o Vous vous rappellerez que cette calamité était singulière et inouïe, que, pour employer les expressions du lordlieutenant , « nous ne savions pas , et nous ne pouvions pas « savoir l’étendue du mal ; » que ce mal ne s’arrêtait pas à nos îles; que beaucoup d’autres contrées de l'Europe en souffraient, et que, chez plusieurs d’entre elles, on avait déjà suspendu les restrictions apportéesà l’importation des denrées alimentaires.
AUX ÉLECTEURS DE TAMWORTH (lû juillkt 1817/. 5Î1
« Je suis forcé de reconnaître que, si le gouvernement s’était borné à conseiller la suspension des restrictions analogues dans notre pays, les opinions n’auraient probablement pas été très-sérieusement partagées. Beaucoup de ceux qui étaient disposés à croire une telle précaution superflue n’auraient probablement pas opposé à cette mesure une résistance prononcée.
a Le point sur lequel portaient et sur lequel portent encore les plus grandes diversités d’opinion, c’était la proposisition de prendre en considération, dans son ensemble, 1a question des lois sur les grains, dans le but de les abolir définitivement.
a Quand je proposai, le 1er novembre 184.“), au cabinet, la suspension temporaire de tout droit sur les grains étrangers, je ine vis appelé à décider si, lorsque la période fixée pour la suspension de ces droits toucherait à son terme, il me serait possible d’appuyer la mise en vigueur de la loi qui existait auparavant, line telle entreprise m’obligeait naturellement à résister, de toute la force et de toute l’autorité du gouvernement, aux propositions qu’on pourrait faire, dans le sein du Parlement, pour modifier cette loi dans son principe ou dans ses dispositions les plus importantes.
« Je jugeai que je ne pourrais, en restant fidèle à ce que je regardais comme un devoir public, prendre un engagement à cet effet.
« X. — Je n’ai nul désir, pour justifier ma résolution à cet égard, de me prévaloir induement des événements qui ont eu lieu depuis. Je ne puis, pour donner les motifs de ma conduile en janvier 1840, faire appel au terrible fléau qui a depuis affligé l’Irlande, et qui a nécessité un emprunt extraordinaire de 10 millions de livres sterling, pour détourner de cette nation les horreurs de la famine.
« Mais, Messieurs, un ministre prudent, appelé à prendre alors un parti, ne pouvait oublier la probabilité qui existait de voir la récolte des pommes de terre en 1846 attaquée du même mal que la récolle de 1845. L’expérience des autres
pays où la maladie avait paru tendait à prouver qu’elle ne se limitait pas à une seule saison, et pour vous montrer que nos craintes à ce sujet n'étaient pas sans fondement, je citerai l’extrait suivant d’une lettre du professeur Lindley, en date du 48 février 1840 :
« 11 est de mon devoir de vous annoncer le plus prompte- « ment possible les faits alarmants que j’ai recueillis quant à « la récolte des pommes de terre pour l’année prochaine. 11 « a été établi, sans qu’il soit possible de le mettre en doute, « que des plants malades donnent des produits malades. On « a apporté hier, à la société d’horticulture, des preuves de « cette vérité, en présence de sir Charles Lemon, de sir Phi- « lip Egerton, de lord Grey et d’autres. J’en joins ici, pour « votre propre instruction, quelques spécimen; ce sont des « tiges de nouvelles plantes de pommes de terre cultivées à « Ilicton dans le Devonshire. Au mois de janvier, elles « paraissaient parfaitement saines, et maintenant elles ont « déjà dépassé le premier degré de la maladie.
« Je vous aurais communiqué hier ces renseignements si « je n’avais pas voulu examiner de nouveau et à loisir les a preuves que j’avais entre les mains, afin de me mettre en « garde contre toute possibilité d’erreur ou de faux jugecc ment. Je viens de passer plusieurs heures à faire cet « examen , et il ne me reste pas un doute sur la question ; « ’ la récolle de l’année prochaine est en péril. »
« Telle était l’opinion du professeur Lindley ; elle tendait à confirmer la crainte que la même cause ne rendit une seconde fois nécessaire la suspension des lois sur les céréales.
« Il me parut que, vu la nature de cette loi, qui avait pour but d’assurer, par sa propre opération et sans autre secours, un supplément suffisant de grains étrangers en cas de nécessité, on ne ferait, en la suspendant une seule fois, dans la première occasion difficile, que fournir un argument puissant contre son maintien permanent, et que la nécessité de la suspendre de nouveau (si on en venait là) ajouterait grandement au poids de cet argument.
AUX ÉLECTEURS DE TAMWORTH (15 juilikt 1847). 593
a Mai?, indépendamment de cette considération, d’autres raisons plus puissantes encore vinrent peser sur ma résolution.
« J’avais perdu une grande partie de ma confiance dans les motifs sur lesquels je m’étais moi-môme fondé jusque-là pour maintenir les restrictions apportées à l’importation des grains. La lutte des arguments dans la discussion d'une politique restrictive , les preuves diverses qui établissaient que les gages des laboureurs ne variaient pas avec le prix du blé, le contraste qu’avaient offert, pendant deux périodes successives de disette et d’abondance, la santé, la moralité, la tranquillité et la prospérité générale de la nation tout entière, les motifs sérieux que j’avais de croire que, dans la situation actuelle du pays, le libre commerce des grains était plus propre à assurer le bas prix et l’abondance du blé que les restrictions mises à l’importation dans le but de protéger l’agriculture intérieure, toutes ces causes avaient contribué à affaiblir en moi cette confiance.
« D’autres considérations, éléments nouveaux dans l’examen de cette grave question, avaient produit dans mon esprit le même résultat.
b Le rappel général des droits de prohibition et l’application récente des principes du libre échange à presque tous les articles d’importation étrangère soumettaient les lois sur les grains à des discussions plus passionnées et à des recherches plus approfondies; la défense deccs lois en devenait plus difficile.
« Parmi les articles d'importation étrangère qui avaient été prohibés jusqu’à l’année 1842 et ensuite admis avec des droits minimes , se trouvaient quelques produits importants de l’agriculture, — les viandes salées ou fraîches, les bœufs, les moutons, les vaches, etc., etc. Vous vous rappelez probablement la panique causée par l’admission de ces objets, la vente forcée des bestiaux , et comment on prophétisait qu’il serait impossible de rivaliser avec les éleveurs étrangers, et que la viande tomberait à 3 pence la livre. Cinq ans se sont écoulés depuis que ce grand changement dans la législation
s’est opéré , et votre propre expérience vous met à même de juger si la panique était fondée et si les prophéties se sont accomplies.
« L’insuccès absolu de ces prophéties avait naturellement agi sur l’opinion publique quant aux conséquences probables d’une plus grande liberté de commerce pour d’autres produits agricoles.
« Il existait une autre circonstance encore plus de nature à diminuer les craintes quant au danger d’ouvrir le marché de ce pays à la concurrence étrangère.
« Depuis quelques années, la consommation des articles de subsistance semble s'accroître beaucoup plus rapidement que ne le fait la population. Il est difficile, sinon impossible, à cause de l’absence de renseignements statistiques, de mesurer exactement cette augmentation en ce qui touche les articles de première nécessité, tels que le blé et la viande. Mais on peut s’en faire une idée d’après la consommation relative , à diverses époques , des articles qui peuvent servir de points de comparaison.
« Voici un tableau de quelques-uns des principaux articles de consommation intérieure durant les années 1841 et lKtli :