Fréchclle
soit l'importance du rôle qu'il joue par la parole, par l'aclion, parla popularité, il est demeuré modeste. Cette attitude d'un homme placé au sommet de la hiérarchie politique, consacre l'élévation de son caractère et ajoute encore à la liste des mérites qui le distinguent.
Sir Wilfrid Laurier, dont tout un pays s'honore, dont tout un parti se réclame, appartient à cette peu nombreuse pléiade d'hommes susceptibles d'agir "sur les destinées d'une nation, car « l'intelligence et la volonté ne suffisent pas, il faut encore qu'une occasion les révèle et que les circonstances se prêtent à leur activité ».
Ce grand citoyen partage intimement les prévisions d'un nombre sans cesse croissant de Canadiens aux yeux desquels Findépondance reluit depuis longtemps comme un idéal de moins en moins inaccessible. On n'en parle pas encore comme une nécessité, mais on la discute déjà comme une probabilité, si lointaine même, qu'en soit la perspective.
Je ne pense certainement point — disait]en 1889 sir Wilfrid Laurier — que la Confédération est le dernier mot de la destinée du Caniida. On ne peut la considérer que comme un état transitoire, mais quand le changement arrivera, ce changement devra consister à faire un pas en avant et non un pas en arrière.
Ces paroles éloquentes incitent à penser qu'il considère cette indépendance comme une conclusion obligatoire vers laquelle la sagesse commande de graviter lentement afin d'y parvenir sûrement.
Ce fils de France rend possibles tous nos espoirs, lui qui, le 4 mars 1891, prononçait les paroles suivantes, paroles mémorables et révélatrices de son intime pensée :
Quoique Français, j'aime l'Angleterre autant que quiconque. Je l'aime parce qu'elle est la mère de la liberté; mais
i grand que soit mon amour pour l'Angleterre, j'aime le lanada davantage; et si jamais il arrivait que leurs intérêts inssent en conflit, ma sympathie irait d'abord au Canada, ion pays natal.
Chez cet orateur de haute envergure, qui ouvre à esprit de larges horizons, l'honnête homme ne s'est imais séparé du grand homme; le grand citoyen a tou- )urs marché de pair avec le grand politique. Ses facultés 'homme d'État découlent naturellement de ses vertus rivées. Tel vaut l'homme dont l'ambition s'est déloyée patriotique, tel vaut le ministre dont les concepons ont environné d'éclat un nom déjà digne de îspect.
De quelle épopée est-il la préface, ce Canadien dont ï nom est inscrit à la première page des annales de son ays? De quelle aube prochaine est-il l'avant-coureur, ce itoyen bienfaisant qui s'est donné pour tâche de faire, e l'intelligence française, l'utile auxiliaire de la préominance canadienne ?
De quelle évolution impérialiste est-il le présage, ce atriote éminent qu'on a vu successivement gravir tous !S degrés du pouvoir, se faire reconnaître comme le chef ', l'espoir des libéraux, relever le drapeau de leur olitique, s'imposer par l'ascendant personnel comme le lus considérable des hommes publics de son pays?
Le Canada prospère sous l'égide de cet intègre magis- •at, oracle des hautes méditations et des hautes conjptions, qui n'apporte dans sa politique que des pensées e raison et de justice, ne transige jamais sur son devoir 'j assure, par une sollicitude et une vigilance sans ornes, le développement de la grandeur nationale.
Dans l'accomplissement de ses nobles aspirations, il irige sa patrie vers la plus belle des œuvres : la fondaon d'un gouvernement libre; il la prépare avec discer-
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iirmenl au prestige d'une indépendance lointaine peutêtre, mais que la logique des événements rend certaine à coup sûr.
Nos regards se tournent respectueux vers celui (pii, dans son austère dignité, apparaît en relief dans l'histoire contemporaine, vers ce Français de sang, vers ce Canadien de cœur, cet Anglais d'allégeance qui nous révèle l'avenir d'un peuple né de la grandeur de deu>i races. « Sir Wilfrid Laurier devient l'un de ces person nages prédestinés que le sort place aux carrefours de l'histoire, en avant-garde, pour marquer la route à ses contemporains, l'homme qu'une nécessité supérieure fil surgir « au jour (ju'il a fallu » '.
Dans l'expression libre de sa force intelligente, de sor activité productive, le Canada ne peut manquer de s'as surer bientôt la possession régulière d'une entière libertc unanimement ambitionnée, car elle se trouve légitime ment le terme à la fois logique et prévu d'une brillant* évolution économiciue et politique.
Le siècle ne sera pas écoulé que, sur l'autre bord d( l'Atlantique, s'épanouira la grandeur d'une nouvelL France rivalisant sur le terrain des arts et des science: avec la patrie de ses aïeux, l'égalant en progrès, ei gloires, en triomphes, incarnant avec honneur sur h continent américain le rôle grandiose que détient li France sur le continent européen.
Né pour préparer cette émancipation, que son cœur e sa raison souhaitent également, la coordonner et la fain aboutir; qualifié pour la présider et la diriger d'une man calme, ferme et sûre, il semble que, personne ici-bas n(